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SOMMEIL de l'enfant et de l'adolescent: L'Académie en fait une priorité de santé publique

Actualité publiée il y a 7 années 9 mois 4 semaines
Académie nationale de médecine –Académie nationale de pharmacie

30% de la population générale se plaint de son sommeil et nous dormons en moyenne une heure de moins qu’il y a cinquante ans. Avec ce bilan sur les troubles du sommeil, l’Académie de Médecine, rappelle leurs complications parfois dramatiques. Des complications encore insuffisamment prévenues et traitées, alerte l’Académie, en particulier chez les plus jeunes.

Entre 6 et 30% des Français souffrent d'insomnie, 5% de syndrome d'apnées du sommeil et environ de 10% de syndrome des jambes sans repos. Un déficit même minime de sommeil (moins de deux heures par jour) répété plusieurs jours, produit le même effet qu'une privation totale de sommeil.


Le sommeil normal repose sur un ensemble complexe de multiples neurotransmetteurs et d'hormones, parmi lesquelles les orexine/hypocrétines jouent un rôle important. Cet ensemble règle les stades d'éveil et les différents stades du sommeil. Le cycle veille-sommeil est l'un des facteurs qui, avec l'alternance lumière-obscurité et la vie sociale, synchronise notre horloge interne. Toute désynchronisation provoque fatigue, troubles de l'humeur et aussi… du sommeil.

Des complications nombreuses, variées et parfois sévères : Les apnées obstructives du sommeil sont les plus fréquentes des maladies du sommeil. La narcolepsie, avec ou sans cataplexie en est un autre exemple. Les affections s'accompagnant de troubles du sommeil sont très nombreuses, notamment les maladies neuro-dégénératives telles la maladie d'Alzheimer ainsi que de multiples traumatismes psychologiques et maladies psychiatriques. La réduction du temps de sommeil est l'une des causes principales de fatigue et de troubles de l'humeur. Outre les accidents domestiques, de la route et au travail, la dette de sommeil pourrait aussi être à l'origine de maladies cardio-vasculaires, voire de certains cancers. La somnolence diurne toucherait 5 % de la population. La somnolence au volant et l'endormissement seraient responsables de 5 à 30% des accidents de la route.

La désynchronisation de l'horloge interne chez les enfants et les adolescents s'observe fréquemment, parce qu'ils se couchent de plus en plus tard, dérèglent ainsi leur horloge biologique avec des répercussions sur leur croissance et leur capacité de travail scolaire. Ainsi, les jeunes de 15 ans dorment en moyenne 1h31 de moins que ceux de 11 ans les veilles de journées de classe. Entre 11 et 15 ans, les adolescents perdent en moyenne 20 à 30 minutes de sommeil quotidien, les veilles de journées de classe. De ce fait, les jeunes de 15 ans dorment en moyenne 1h31 de moins que ceux de 11 ans (Voir schéma INSV ci-contre). Conséquence, les troubles du sommeil touchent de plus en plus les jeunes générations.

Face à l'augmentation des troubles du sommeil en particulier chez les jeunes générations, l'Académie préconise de faire du sommeil de l'enfant et de l'adolescent une question de santé publique.
-De renforcer l'effort de recherche fondamentale biologique, notamment pharmacologique et translationnelle,
-multiplier les équipes de recherche et les Centres du sommeil,
- développer l'enseignement de la médecine du sommeil en l'intégrant dans les cycles universitaires et en développant l'éducation post-universitaire des pharmaciens et des médecins généralistes,
-appliquer strictement et, le cas échéant, adapter la réglementation en vigueur sur le travail de nuit,
- faire un important effort d'éducation en faveur du respect des rythmes de sommeil et des conditions d'hygiène de vie telle que la pratique minimale et quotidienne d'une activité physique.

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