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Un nouvel ANESTHÉSIQUE local, à base d'algues fait ses preuves

Actualité publiée il y a 10 années 3 mois 1 semaine
Regional Anesthesia and Pain Medicine

Une équipe Américano-Chilienne vient de tester, avec succès, un anesthésique local à action prolongée, à base d’algues. Cet anesthésique a permis aux patients de récupérer deux jours plus tôt qu’avec un anesthésique local couramment utilisé. Le Children's Hospital de Boston, cogestionnaire de l'étude, vient de signer un accord de collaboration avec Proteus SA (Santiago, Chili) pour développer ce nouvel anesthésique pour la pratique clinique. Ces conclusions ont été présentées dans l’édition de mars-avril 2011 de la revue spécialisée Regional Anesthesia and Pain Medicine.

Chaque année, des dizaines de millions de patients subissent une intervention nécessitant une anesthésie locale. Les anesthésiques locaux agissent durant moins de 8 heures et lorsque leur effet se dissipe, les patients ont généralement besoin d'analgésiques opioïdes, qui provoquent des effets secondaires importants, dont des nausées, la sédation ou la somnolence, une respiration difficile, la constipation voire des démangeaisons. Ces effets secondaires sont souvent causes de retards dans la récupération et peuvent conduire à une hospitalisation prolongée.


Ce nouvel anesthésique local, la néosaxitoxine (neoSTX) permet une anesthésie locale prolongée durant plus de 24 heures. Il s'agit d'un bloqueur des canaux sodiques, appartenant à une catégorie de nouveaux anesthésiques à base de molécules issues d'organismes aquatiques.

«À mon avis, il n'y a pas eu véritablement de nouvel anesthésique local innovant ces 40 à 50 dernières années", note le co-auteur de l'étude, le Pr. Charles Berde, chef du service de médecine de la douleur du Children's Hospital de Boston. "La plupart des médicaments développés ces dernières années ne présentent que des progrès minimes. »

La neoSTX a été évaluée sur 137 patients chiliens ayant subi une laparoscopie de la vésicule biliaire.

· Un nombre significativement moindre de patients anesthésiés par neoSTX a signalé des douleurs post-opératoires à l'endroit de l'incision à la fois 12 heures après l'intervention (4% vs 18%) et 24 heures après l'intervention (6% vs 16%).

· La majorité des patients traités par neoSTX présentent même une absence totale de douleur à 12 heures, au repos (88% vs 69%) et en mouvement (80% vs 60%).

· Les patients du groupe neoSTX font également d'une récupération fonctionnelle complète 2 jours plus tôt que les patients du groupe témoin.

· Aucune réaction indésirable grave n'est survenue dans les deux groupes.

Les scientifiques du laboratoire Proteus ont développé une expertise dans l'extraction, la culture et la purification des microalgues neoSTX et la formulation du composé à usage médical. Les études cliniques devraient débuter cette année, avec pour objectif de déterminer la dose optimale pour « bloquer la douleur » tout en évitant la toxicité. L'équipe pense que même une anesthésie locale plus longue serait possible et cela pour un maximum de 2 à 4 jours - avec un minimum d'effets secondaires locaux ou systémiques.