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VIH: Faire sortir le virus de sa cachette pour mieux l'éradiquer

Actualité publiée il y a 7 années 8 mois 1 semaine
Nature et Immunity

Un médicament qui permettrait de pousser le VIH à sortir de sa clandestinité et à s’exposer au système immunitaire… Cette étude montre, pour la première fois, qu’un médicament pourrait, en l’état des données en toute sécurité, relancer la production du virus en sommeil chez les patients, afin qu'il puisse être détecté et attaqué plus facilement par le système immunitaire. Ces conclusions, exposées le 9 mars à la 19e Conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes de Washington, apporte un nouvel espoir.

Certes de précédentes études ont déjà suggéré que le simple fait de faire sortir le virus de sa latence n'est pas suffisant pour tuer les cellules infectées et que le médicament qui ainsi apportera l'espoir d'une guérison est encore assez loin.


Car le VIH s'intègre dans le génome des cellules, incitant les cellules à faire de nouvelles copies du virus lorsqu'elles renouvellent leur propre ADN. Mais dans certaines cellules, le VIH peut survivre des décennies dans un état de latence, sans transcrire ses gènes pour fabriquer de nouveaux virus. Les cellules infectées sont comme des réservoirs latents invisibles pour les défenses immunitaires de l'organisme et le traitement antirétroviral.

Des études ont suggéré qu'un médicament appelé SAHA (pour acide suberoylanilide hydroxamique) pourrait pousser le virus à sortir de son sommeil, mais l'approche n'avait encore pas été testée chez les humains. Les chercheurs dirigés par David Margolis, un virologiste moléculaire à l'Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, ont traité 6 personnes avec une dose unique de SAHA et testé son effet sur les cellules CD4+T - cellules immunitaires ciblées pour l'infection par le VIH. Leur étude révèle que le SAHA a redéclenché la transcription du VIH dans les lymphocytes T CD4+ infectés de façon latente: Les chercheurs ont pu détecter près de 5 fois de transcriptions du virus dans de nombreuses cellules à la suite du traitement sans identifier d'effets secondaires graves. C'est une première preuve de de démonstration de la perturbation de la latence, une étape importante vers l'éradication du VIH de l'organisme.

Mais prudence, disent David Margolis et d'autres chercheurs. Sharon Lewin, un médecin spécialiste des maladies infectieuses à l'Université Monash à Melbourne, en Australie, étudie également SAHA chez ses patients. A ce jour, 10 ont pris le médicament pendant deux semaines sans éprouver d'effets secondaires graves. Mais, précise-t-elle, aucune étude n'a encore démontré que l'activation du VIH latent conduit à la destruction des cellules infectées.

Lors de la conférence de Seattle, Liang Shan, un chercheur à l'Université Johns Hopkins à Baltimore, (Maryland) a également présenté les résultats d'une étude, publiée dans la revue Immunity, dans laquelle les cellules CD4 + T ont été prélevées chez des personnes vivant avec le VIH et traitées avec SAHA in vitro. Les cellules ne meurent pas, même combinées avec les cellules T des patients spécialisées pour détruire les cellules infectées.

De nombreux chercheurs pensent aujourd'hui qu'une combinaison d'approches thérapeutiques sera probablement nécessaire pour éradiquer le VIH du corps. Ce sera peut-être une approche en é temps, avec un médicament qui active la transcription virale, et un second qui envoie le signal au système immunitaire pour attaquer les cellules infectées.

Source: Nature doi:10.1038/nature.2012.10180 “Drug brings HIV out of hiding” et Immunity advance online: March 8, 2012. doi.org/10.1016/j.immuni.2012.01.014 “Stimulation of HIV-1-Specific Cytolytic T Lymphocytes Facilitates Elimination of Latent Viral Reservoir after Virus Reactivation

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