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VIH: Traitement précoce et contrôle, les clés d'une guérison fonctionnelle?

Actualité publiée il y a 5 années 8 mois 3 semaines
PLoS ONE

Alors qu’à la Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections (CROI) d’Atlanta, une équipe de chercheurs annonçait la première guérison fonctionnelle du VIH chez un nourrisson infecté par le VIH et qu’une autre étude récente suggère l’absence totale d’augmentation du risque de décès chez les patients atteints d’une infection à VIH bien contrôlée, cette étude publiée dans l'édition du 14 mars de la revue PLoS ONE rapporte le cas de plusieurs guérisons fonctionnelles suivies durant 7 ans.

Un patient sur 10 personnes atteintes par le VIH qui reçoivent un traitement précoce pourrait, à certaines conditions, bénéficier d'une guérison fonctionnelle, laisse espérer cette étude française, l'étude Visconti ((Viro-Immunological Sustained CONtrol after Treatment Interruption) co-menée par l'Agenenationale de recherche sur le Sida (ANRS) et de l'INSERM.


Pourquoi certains patients parviennent à une « guérison fonctionnelle » et d'autres pas ? Comment pourrait-on étendre ce résultat à un plus grand nombre de patients ? « Guérison fonctionnelle » signifie que le virus VIH est toujours présent dans le corps, mais à des niveaux indétectables par des tests sanguins classiques. Alors la maladie est moins susceptible de progresser et les perspectives à long terme des patients sont améliorées. C'est l'objectif du traitement antirétroviral, de réduire la charge virale à ces niveaux indétectables et donc, si l'objectif est atteint, on parle de guérison fonctionnelle.

Dans cette étude, les chercheurs ont comparé,

· 14 patients infectés avec le VIH, qui présentaient une réponse optimale au traitement, dont le virus était resté à des niveaux contrôlés et faibles pendant plusieurs années, même après l'arrêt de leur traitement antirétroviral,

· avec d'autres personnes infectées par le VIH, dont des patients qui avaient eux-aussi bénéficié d'un traitement précoce mais n'avaient pas répondu de manière aussi positive,

· avec des patients ayant commencé le traitement plus tardivement,

· avec 8 huit patients, suppresseurs d'élite, dont les corps ont pu spontanément contrôler leurs charges virales.

Les chercheurs ont étudié les caractéristiques de ces 14 patients, de leur traitement, l'évolution de l'infection, et lorsque leurs niveaux viraux sont devenus indétectables, le temps de guérison fonctionnelle sans traitement.

Ils identifient alors plusieurs différences entre les patients, dont d'importantes différences dans leurs systèmes immunitaires.

· Au cours des 2 premiers mois suivant leur infection à VIH, les 14 répondants avaient des charges virales similaires aux patients n'ayant pas répondu à un traitement précoce mais supérieures à celles constatées chez les « suppresseurs d'élite ».

· Ces 14 patients avaient reçu un TARV standard et leurs charges virales sont devenues indétectables environ 3 mois après le début du traitement. La durée moyenne du TARV était de 3 ans, et tous ces patients sauf 2 ont montré une augmentation des niveaux de CD4. Après l'arrêt du traitement, leur charge virale est restée sous contrôle et leur taux de CD4 stable durant plus de 7 ans. 8 de ces patients ont conservé durant ce délai de charges virales indétectables, 6 patients ont montré des augmentations occasionnelles.

· le fonctionnement de certaines cellules immunitaires chez les 14 répondants est différent de celui constaté chez les suppresseurs d'élite,

· la présence de matériel génétique du VIH dans le sang des répondants comme des suppresseurs d'élite, mais pas chez les non-répondants ou les patients à traitement tardif,

· donc des stratégies de lutte contre le VIH au moins partiellement différentes, entre les 14 répondants et les suppresseurs d'élite.

Les chercheurs estiment qu'entre 5 et 15% des patients qui répondent avec succès à la thérapie antirétrovirale et arrêtent leur traitement, seraient en mesure de garder le contrôle de leur charge virale soit d'atteindre une guérison fonctionnelle stable pendant environ deux ans.

En conclusion, l'étude suggère l'importance du caractère précoce et prolongé du TARV : Ce type de prise en charge peut permettre à certains individus d'atteindre des charges virales indétectables qui peuvent ensuite être contrôlées pendant plusieurs années sans traitement. D'autres facteurs vont également influer sur l'atteinte de cet objectif, comme la trithérapie reçue, l'observance, la biologie et le système immunitaire propre à chaque patient. Enfin, la mise précoce sous traitement implique bien entendu, le dépistage « à temps » de l'infection.

Source: PLOS Pathogens online March 14 2013 doi:10.1371/journal.ppat.1003211 Post-Treatment HIV-1 Controllers with a Long-Term Virological Remission after the Interruption of Early Initiated Antiretroviral Therapy ANRS VISCONTI Study (Visuels NIH: VIH)

Lire aussi: VIH: Première rémission de long terme chez un nourrisson infecté -

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