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ARRÊT CARDIAQUE: Des compressions thoraciques plutôt que le bouche-à-bouche

Actualité publiée il y a 6 années 10 mois 1 semaine
Journal of American College of Cardiology

Le recours à des compressions thoraciques seules, pour la réanimation d’une personne victime d’arrêt cardiaque et sans bouche-à-bouche permettrait de doubler les taux de survie. C’est l’expérience menée sur une longue période de 5 ans, par ces cardiologues de l’Université d'Arizona qui montre les résultats spectaculaires de ce nouveau mode de prise en charge en dehors de l’hôpital, décrit dans l’édition du 28 novembre du Journal of American College of Cardiology (JACC), et désormais nommé « réanimation cardiocérébrale ».

A l'arrivée des services de secours le nouveau protocole recommande même de poursuivre les compressions thoraciques et la défibrillation pendant plusieurs minutes avant d'essayer d'intuber le patient. Ce mode de prise en charge de l'arrêt cardiaque aurait fait passer, sur une période de 5 ans, les taux de survie de 17,7% à 33,7%. Des résultats similaires ont été observés dans 2 autres comtés du Wisconsin.


Les Drs Gordon Ewy et Arthur Sanders de l'Université d'Arizona ont démarré cet essai, en 2003, au vu de données expérimentales allant dans le sens de ce nouveau mode de prise en charge. Surtout, ils avaient pu constater alors des taux de survie extrêmement faibles. Ils appellent cette nouvelle méthode, la réanimation cardiocérébrale (CCR pour cardiocerebral resuscitation), qui devrait, selon eux, remplacer la réanimation cardiorespiratoire (RCR). Car, expliquent les auteurs, le cœur et le cerveau ont plus besoin de réanimation que les poumons : En cas d'arrêt cardiaque, les compressions thoraciques remplacent les battements du cœur et si elles s'arrêtent, le flux sanguin s'arrête, et le cerveau et le cœur s'arrêtent aussi. Durant les 10 premières minutes qui suivent l'arrêt cardiaque, le sang est encore bien oxygéné, l'aide respiratoire n'est pas nécessaire et l'accent doit être mis sur les compressions thoraciques. Evidemment, le protocole ne s'applique pas en cas de noyade ou d'overdose, des situations où le bouche-à-bouche reste nécessaire.

Les freins à la pratique du bouche-à-bouche : Et puis, il y a la réticence à secourir par le bouche-à-bouche, qui explique aussi pourquoi, seule une personne sur 4, victime d'arrêt cardiaque, sera secourue ainsi. Enfin, les chercheurs, montrent avec leurs études que les compressions thoraciques sont tout aussi efficaces que le bouche à bouche en termes de survie. En réanimation « respiratoire », le délai moyen nécessaire réel entre 2 souffles est de 16 secondes, soit beaucoup plus que les 2 secondes recommandées. Or 16 secondes, est un délai beaucoup trop long sans battement de cœur.

Les auteurs pensent avoir suffisamment de données pour convaincre les autorités de revoir les recommandations. En particulier, si les taux de survie constatés après arrêt cardiaque sont inférieurs à 30%. Ces recommandations ont déjà adoptées dans de nombreux pays d'Asie et l'American Heart Association a également adapté ses recommandations, mais l'Europe reste à convaincre.

Sources: Heartwire Switching to chest-compressions-only resuscitation doubled survival in out-of-hospital arrest et Journal of American College of Cardiology November, 28, 2012 doi:10.1016/j.jacc.2012.06.064 Alternative Approach to Improving Survival of Patients With Out-of-Hospital Primary Cardiac Arrest

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