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BINGE DRINKING: Un gène de prédisposition à l'abus d'alcool?

Actualité publiée il y a 6 années 10 mois 2 semaines
PNAS

Si cette recherche du Kings College de Londres, publiée dans les Actes de l’Académie des Sciences américaine (PNAS) révèle pourquoi certains adolescents sont plus susceptibles de s’adonner au binge drinking, il faut néanmoins préciser que cette prédisposition, liée au gène RASGRF2, un gène « de risque » pour l'abus d'alcool, n’explique pas à elle seule le passage à l’acte. Cependant ces résultats qui montrent comment cette variation génétique augmente le sentiment de récompense lié à la consommation d’alcool, vont permettre de mieux identifier les facteurs de risque d’abus d'alcool précoce pour optimiser la prévention de la dépendance à l'alcool chez les jeunes.

L'étude explique que (et pourquoi) certains adolescents sont plus enclins à consommer de l'alcool que d'autres en apportant une description détaillée des processus cérébraux impliqués dans le bnge drinking, chez les adolescents : L'alcool comme d'autres substances addictives active le système de la dopamine dans le cerveau, un système responsable de la sensation de plaisir et de récompense. De récentes études ont ainsi déjà montré l'implication du gène RASGRF2 dans le niveau de risque d'abus d'alcool, mais le processus restait inexpliqué. Le Professeur Gunter Schumann, auteur principal de l'étude explique: «Les gens recherchent des situations qui leur apportent une sensation de récompense et les rendent heureux. Le gène RASGRF-2 joue un rôle crucial dans le contrôle de la façon dont l'alcool induit le cerveau à libérer la dopamine, et donc à déclencher cette sensation de récompense. Une variation génétique du gène RASGRF-2 apporte un sentiment de récompense plus important avec l'alcool, ce qui accroît ainsi le risque d'abus d'alcool chez les personnes ayant ce variant».


L'étude menée d'abord sur des souris montre que privées du gène RASGRF2, elles réduisent leur consommation d'alcool car l'absence du gène bloque la production de dopamine dans une région du cerveau, supprimant ainsi toute sensation de récompense. L'analyse, ensuite, de scanners de 663 garçons âgés de 14 ans, qui, à cet âge-là n'avaient pas été exposés à des quantités importantes d'alcool montre que des variations génétiques du gène RASGRF2 sont liées à activation plus élevée du striatum ventral du cerveau, une région impliquée dans la libération de dopamine. Puis en analysant les habitudes de consommation du même groupe de garçons mais à 16 ans, les chercheurs constatent que les adolescents ayant la variation sur le gène RASGRF-2 pratiquent plus souvent le binge drinking.

Alors que la consommation excessive d'alcool devient plus courante chez les adolescents avec une moyenne européenne de 13 « verres » par semaine en 2007 vs 6 en 1994, que le binge drinking est associé à des troubles du développement, à des maladies neurologiques en fin de vie et à des comportements à risque et parfois antisociaux, identifier les facteurs de susceptibilité génétique aussi, peut être bien utile pour la prévention et le traitement de la dépendance à l'alcool.

Source: PNAS 2012 (à paraître) via Eurekalert (AAAS) RASGRF-2 regulates alcohol-induced reinforcement by influencing mesolimbic dopamine neurone activity and dopamine release

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