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BISPHÉNOL A: Trop peu dans le sang pour être toxique?

Actualité publiée il y a 6 années 9 mois 3 semaines
AAAS (Advancing science Serving Society)

L'exposition humaine au bisphénol A (BPA) est partout, mais le premier processus de détoxification par le foie (glucuronidation) limiterait la fraction bioactive du BPA à 0,1%. Donc à une concentration bien trop faible pour être toxique. C’est la théorie de ce scientifique expert en toxicologie du Laboratoire américain Pacific Northwest National qui démontre qu’aux niveaux d’exposition actuels chez l’Homme, il n’existe aucune preuve de la toxicité du BPA. Ces conclusions qui viennent d’être présentées à la Réunion annuelle de l’Advancing science Serving Society (AAAS) montrent que très peu d’études, auxquelles on se réfère pourtant, reflètent les niveaux d’exposition réels chez l’Homme.

Le Pacific Northwest National Laboratory est chargé de travailler, pour les Etats-Unis, sur les grandes questions portant sur l'énergie, l'environnement et la sécurité nationale par la science fondamentale et appliquée. Avec 4.500 collaborateurs et un budget annuel de près de 1 milliard de dollars, le Laboratoire est géré par le Département américain de l'énergie.


BPA, un effet notoirement plus faible que celui des œstrogènes : Les chercheurs savent depuis longtemps que le BPA peut se lier aux mêmes protéines que les œstrogènes mais aussi, que dans la plupart des cas, le BPA a un effet plus faible que l'œstrogène. Pour déclencher des effets biologiques par l'intermédiaire des récepteurs, les concentrations de BPA doivent être suffisamment élevées dans le sang pour surmonter cette « faiblesse » d'impact.

Une exposition générale au BPA bien plus faible que nos niveaux d'œstrogènes : Les auteurs menés par le scientifique Justin Teeguarden ont pris en compte les estimations de concentrations en BPA à partir de plus de 30 études portant sur les taux de BPA présents dans les urines ainsi que les estimations d'exposition externe portant sur plus de 12.000 personnes de 9 pays différents, dont des adultes, des enfants et des femmes (enceintes et non enceintes). Les chercheurs ont reconstitué les concentrations sériques à partir des concentrations dans les urines afin de pouvoir comparer ces concentrations à des niveaux d'œstrogènes circulants et déterminer si les niveaux de BPA étaient suffisamment élevés pour perturber le système endocrinien.

Les chercheurs constatent et démontrent que les niveaux de BPA dans le sang en population générale sont bien plus faibles que les niveaux sanguins d'œstrogènes qui peuvent entraîner des effets sanitaires néfastes. Pour déclencher une toxicité chez l'Homme, disent les chercheurs, il faudrait des niveaux d'exposition bien plus élevés, du même type que ceux retrouvés chez un bébé à qui on aurait donné une dose massive d'œstrogènes, comme celle contenue dans une pilule contraceptive.

Quid des études sur les expositions dites « à faible dose » chez l'animal : Au-delà de cette évaluation du niveau de BPA nécessaire pour induire, comme les œstrogènes, une toxicité chez l'Homme, les chercheurs ont également ré-analysé 130 études sur les effets du BPA chez l'animal et sur des lignées cellulaires en laboratoire. Ces 130 études ont été prises en compte par d'autres experts car elles se référaient à des expositions à faible dose donc du même type que l'exposition humaine.

Cependant, cette nouvelle analyse révèle aussi que les "faibles doses" couvrent au fil des études, des fourchettes très larges et différentes de concentrations. Donc, dans la réalité, seul un tout petit nombre de ces études (8% au maximum) reflèterait une exposition du même niveau que l'exposition humaine. Dans l'ensemble, les expositions déjà étudiées sont au moins de 10 à des milliers de fois supérieures à l'exposition humaine moyenne.

Tester le potentiel œstrogénique, ou la bioactivité des BPA sur la base de concentrations de l'ordre d'1 milliardième dans le sang humain semble la manière la plus scientifique de corroborer ou réfuter les effets néfastes possibles du BPA. Aujourd'hui, ces chercheurs réfutent, avec l'une des plus larges analyses menées sur le bisphénol A, l'existence de preuve de sa toxicité aux niveaux des expositions humaines. Ils écrivent même qu'à leur connaissance, à ces niveaux d'exposition, les BPA ne sont pas nocifs.

« Mais ces connaissances peuvent-elles influer sur l'opinion publique ? », concluent-ils.

Source: DOE/Pacific Northwest National Laboratory Data challenges the APB on BPA- Justin Teeguarden at the AAAS (Advancing science Serving Society) 2013 Annual Meeting, Estrogen Receptor Activation Potential of Internal Concentrations of BPA in Humans

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