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CALVITIE précoce: Un indicateur de risque de cancer de la prostate?

Actualité publiée il y a 6 années 9 mois 3 semaines
Cancer Epidemiology Biomarkers and Prevention

La science nous livre parfois de curieuses associations mais elles trouvent toujours leur explication. Ici c’est la calvitie précoce, c’est-à-dire vers 40 ans qui est associée à un risque accru de cancer de la prostate. Cette étude australienne, présentée dans Cancer Epidemiology Biomarkers and Prevention qui, précisons-le n’a pas évalué les taux de mortalité, ne doit pas désespérer les hommes jeunes atteint d’alopécie androgénétique, en particulier, rappellent les auteurs, parce que de nombreux cas de cancer de la prostate ne sont pas agressifs.

Ces chercheurs de l'Université de Melbourne du Cancer Epidemiology Centre de Victoria ont évalué la relation entre la calvitie masculine et le diagnostic de cancer de la prostate, selon l'âge. En cause, des niveaux plus élevés de testostérone –non mesurés dans cette étude- qui peuvent à la fois déclencher le développement de cellules cancéreuses et inhiber la croissance des cheveux. L'association est précieuse en termes de dépistage, alors que l'incidence du cancer de la prostate pourrait tripler avec 1 homme né après 2015 sur 7 susceptible d'être diagnostiqué. Enfin, les auteurs soulignent en préambule que les études menées précédemment sur le sujet ont abouti à des conclusions contradictoires.


L'étude est basée

- sur les données de l'étude de cohorte menée sur 9.448 hommes âgés de 20 à 40 ans et suivis sur plus de 11 années, invités à évaluer leur chevelure à partir de 8 exemples d'images. Le modèle typique de la calvitie masculine commence sur le front, le cuir chevelu se déplaçant progressivement vers l'arrière et formant un «M». Les cheveux deviennent plus fins et plus courts. Les images présentées correspondaient aux différents degrés de calvitie.

- et sur les cas de cancer de la prostate notifiés au Registre du cancer à leur inclusion dans l'étude (1990-1994) et durant la période de suivi (2003-2009). A la fin de l'étude, 476 cas de cancer de la prostate avaient été recensés soit un taux d'incidence de 5%.

L'analyse montre que,

· la calvitie reste rare chez les hommes âgés de 20 ans (7%) et logiquement plus fréquente à 40 ans, (37%).

· Dans l'ensemble, l'analyse globale ne montre aucune preuve suggérant que la calvitie dès 40 ans est associée à un risque de cancer de la prostate.

· Cependant, à un plus jeune âge et jusqu'à l'âge de 76 ans, l'association se vérifie : Les hommes présentant des signes de calvitie à 40 ans s'avèrent plus à risque d'être diagnostiqué d'un cancer de la prostate. Mais au-delà, la relation s'inverse et des antécédents de calvitie précoce à cet âge plus avancé sont associés à un risque moindre de développer un cancer de la prostate. Globalement, à 76 ans, calvitie ou pas à 40 ans, le risque de développer un cancer de la prostate est identique, d'environ 15%.

· Les signes de calvitie à 40 ans entraînent globalement un diagnostic du cancer de la prostate avancé de 2,77 années (vs chez les hommes sans aucun signe de calvitie à 40 ans).

Les chercheurs confirment donc la relation entre la calvitie masculine et incidence du cancer de la prostate mais selon l'âge et dans un sens différent aux différentes tranches d'âge étudiées. Ici, c'est la biologie commune de la calvitie et du cancer qui explique la relation, ce qui pourrait, suggèrent les auteurs, mener à de nouveaux traitements pour les deux affections. Ils citent en particulier le finastéride, un anti-androgène synthétique utilisé pour soigner l'hypertrophie bénigne de la prostate également principe actif de Propecia ®, indiqué dans le traitement de l'alopécie androgénétique.

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