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Des IPP contre les brûlures d'estomac? Attention au risque de fracture de la hanche!

Actualité publiée il y a 6 années 10 mois 2 semaines
BMJ

Certes le risque global reste faible, mais ces médicaments consommés par des milliers de patients pour calmer brûlures d'estomac, le RGO ou ulcères d’estomac seraient responsables d’une augmentation du risque de fracture de la hanche chez la femme ménopausée. Cette étude américaine, financée par les NIH et publiée dans l’édition du 31 janvier du British Medical Journal, montre ainsi que les femmes ménopausées qui prennent régulièrement des IPP ont un risque accru de 35% de fracture de la hanche et de 50% lorsqu’elles sont fumeuses.

Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) permettent une réduction de la production d'acidité gastrique. Mais cette grande étude suggère que l'utilisation à long terme des IPP est associée à une augmentation du risque de fracture de la hanche, un risque particulièrement significatif pour les femmes ayant des habitudes ou des antécédents de tabagisme.


Ces chercheurs du Massachusetts General Hospital, de la Boston University et de la Harvard Medical School soulignent que les IPP, vendus en OTC ou sur prescription selon les pays, font partie des médicaments les plus utilisés dans le monde. L'association entre l'utilisation prolongée des IPP et les fractures osseuses a déjà été évoquée dans de précédentes études, mais les données restaient contradictoires. Cette étude de cohorte menée sur une durée de 8 ans, sur 79.889 femmes ménopausées participant à la Nurses Health Study a demandé aux participantes de signaler à plusieurs reprises leur consommation d'IPP et de répondre également sur d'autres facteurs (dont leur statut ménopausique, leur poids, leurs activités, le tabagisme et la consommation d'alcool, l'utilisation d'un traitement hormonal substitutif (THS) ou la prise d'autres médicaments).

Plus l'utilisation des IPP est prolongée, plus le risque de fracture s'accroît : Les chercheurs ont documenté 893 fractures de la hanche durant l'étude. Ils ont également relevé qu'en 2000, 6,7% des femmes utilisaient régulièrement un IPP, un taux d'utilisation qui passe à 18,9% en 2008. Les chercheurs constatent,

- Parmi les consommatrices régulières d'IPP, un risque de 2,02 fractures de la hanche pour 1000 personnes-années, vs 1,51 fractures pour 1000 personnes-années chez les non-utilisatrices.

- Parmi les consommatrices d'IPP pour au moins 2 ans, un risque accru de 35% de fracture de la hanche vs les non-utilisatrices (RR : 1,35, IC : 95% de 1,13 à 1.62).

- Plus l'utilisation est prolongée, plus le risque s'accroît.

- Parmi les femmes fumeuses ou avec antécédents de tabagisme consommatrices régulières d'IPP un risque accru de 51% de fracture de la hanche vs les non-utilisatrices (RR : 1,51, IC : 95% de 1,20 à 1,91).

- Parmi les femmes qui n'ont jamais fumé, aucune association entre l'utilisation d'IPP et le risque de fracture de la hanche (HR : 1,06, IC : 95% de 0,77 à 1,46).

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Néanmoins, le risque reste faible ! Les chercheurs constatent que parmi les femmes régulièrement consommatrices d'IPP, seules 2/1.000 auront une fracture de la hanche dans l'année. A comparer, chez les non-utilisatrices, à un taux …d'1,5/ 1000. La prise régulière d'IPP, sur cette population de femmes, entraînerait donc une augmentation d'environ 5 fractures par an pour 10.000 femmes consommatrices d'IPP.

Et après 2 ans d'arrêt des IPP, le risque de fracture de la hanche revient à un niveau standard de risque.

Pour les chercheurs, cette étude apporte les preuves indiscutables de l'association IPP- risque de fracture de la hanche, suggèrent que l'utilisation des IPP à long terme soit évaluée régulièrement avec le médecin.

Source: British Medical Journal 2012;344:e372 Published online January 31 2012 Use of proton pump inhibitors and risk of hip fracture in relation to dietary and lifestyle factors: a prospective cohort study.

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