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INTELLIGENCE: L'hypothèse de l'efficacité neurale confirmée

Actualité publiée il y a 3 années 2 mois 2 semaines
Intelligence

Être plus intelligent c'est être capable de résoudre des tâches de manière plus efficace, ce qui suggère des facultés cognitives supérieures et une moindre activation cérébrale. Cette recherche de l’ETH (Swiss Federal Institute of Technology) Zurich, publiée dans la revue Intelligence, confirme ces différences d’activation cérébrale associées au Q.I. et réfute l’idée de pouvoir entrainer ou « muscler » une de nos fonctions cognitives, la mémoire de travail.

Elsbeth Stern, professeur de recherche sur l'apprentissage à l'ETH de Zurich, co-auteur de l'étude situe ainsi l'intelligence : « quand une personne très intelligente et une personne moins intelligente doivent effectuer la même tâche, la personne la plus intelligente a besoin d'une activation corticale moins importante pour résoudre cette tâche ». Elle se réfère à l'hypothèse de l'efficacité des neurones, une hypothèse aujourd'hui reconnue par la quasi-totalité des experts.


L'hypothèse de l'efficacité des neurones ou efficacité neurale, suggère un fonctionnement plus efficace du cerveau, c'est-à-dire une activation plus ciblée chez les individus dits « plus intelligents ». Des études récentes ont précisé la portée de cette hypothèse d'efficience des neurones en suggérant que la relation entre l'activation cerveau et l'intelligence ne vaut que pour des problèmes de difficulté modérée et ne peut être améliorée par la formation ou l'apprentissage. Et ces fonctions se situeraient plutôt dans les régions frontales du cerveau. Les chercheurs ont donc concentré leurs recherches sur l'impact de la difficulté de la tâche et l'effet de la formation, sur l'efficacité des neurones dans la mémoire de travail.

L'étude confirme l'hypothèse: Les chercheurs ont mesuré l'activité électrique dans le cerveau des étudiants de l'université afin d'identifier les différences dans l'activité cérébrale entre les personnes en fonction de leur Q.I.

80 étudiants bénévoles, aux Q.I. soit légèrement au–dessus, soit légèrement en-deçà du Q.I. moyen, étaient invités à résoudre des tâches de complexité variable sur un ordinateur.

Une tâche, par exemple, consistait à déterminer si des lettres ou des visages faisaient partie d'une sélection de lettres ou de visages qui avaient été montrée aux participants immédiatement auparavant. Une autre tâche consistait à identifier les lettres et les visages visionnés dans un délai très court. Alors que les participants devaient effectuer ces tâches, leur activité cérébrale était mesurée via électroencéphalographie (EEG).

Les chercheurs constatent,

· L'absence de différence d'activité cérébrale dans les groupes de sujets Q.I. < ou Q.I. > à la moyenne lors de l'exécution des tâches très simples ou plus difficiles.

· En revanche, des différences claires sont constatées dans le cas de tâches modérément difficiles. L'explication résiderait dans le fait que les tâches simples ne nécessitent aucun effort cérébral pour les personnes légèrement en-deçà ou au-dessus du Q.I. moyen. Les tâches très difficiles sont exigeantes même pour les sujets plus intelligents. Ici, si tous les participants réussissent à résoudre les tâches modérément difficiles, mais les sujets les plus intelligents mobilisent moins de ressources pour y parvenir.

En conclusion, test de QI classique, EEG et autres lectures de l'activité cérébrale combinés, ont permis ici d'étudier comment différents niveaux d'intelligence se manifestent dans le cerveau. Cette combinaison de tests pourrait également permettre d'évaluer de manière très précise l'intelligence d'un individu. Enfin, l'étude suggère aussi qu'il est impossible d'entrainer ou de muscler la mémoire de travail. Si les sujets qui pratiquent une certaine tâche pendant une période prolongée s'améliorent sur cette tâche avec le temps, ils n'ont pas l'avantage sur leurs homologues inexpérimentés face à de nouvelles tâches.

Source: Intelligence 2015 doi: 10.1016/j.intell.2015.04.004 Neural efficiency in working memory tasks: The impact of task demand

Lire aussi: NEURO: Le corps calleux d'Einstein explique son intelligence–

L'INTELLIGENCE ne se résume pas au Q.I. -

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