Vous recherchez une actualité
Actualités

Le PALUDISME tue deux fois plus que "prévu"

Actualité publiée il y a 6 années 10 mois 2 semaines
The Lancet

Le nombre de décès liés au paludisme au niveau mondial est deux fois plus élevé qu’il y a 30 ans et deux fois plus élevé que prévu, conclut cette méta-recherche, financée par la Fondation Bill & Melinda Gates, qui sur 105 pays étudiés, révèle que le paludisme aura pris plus d’1,2 millions de vies dans le monde en 2010. Et si le paludisme aura fait une majorité de victimes parmi les plus jeunes, l’étude montre aussi que les plus âgés ne sont pas non plus épargnés. Une recherche publiée dans l’édition en ligne du 4 février du Lancet qui appelle au maintien des moyens financiers pour pouvoir poursuivre l’éradication de la maladie.

C'est une étude de modélisation basée sur une grande base des données de mortalité de 1980 à 2010 (la Global Burden of Disease Study), et complétée par une analyse systématique de la littérature scientifique, qui a comptabilisé les décès liés au paludisme dans 105 pays au cours de ces 30 dernières années.


La recherche révèle donc 1,2 millions de décès en 2010, dont 714.000 chez des enfants de moins de 5 ans et donc 524.000 chez des plus de 5 ans. La courbe marque un pic des décès en 2004 puis ensuite une réduction progressive de la mortalité liée aux énormes moyens mis en place par le Fonds mondial, pour contrôler la maladie.

Les objectifs de l'étude, menée par réalisée par des chercheurs de l'Université de Washington (Seattle) et l'Université de Queensland (Australie) étaient également de prévoir les tendances de mortalité du paludisme sur les prochaines décennies, de vérifier l'état d'avancement des efforts de lutte, et d'identifier les cibles des mesures à mettre en place. Les chercheurs ont donc développé des modèles de prévision, pour estimer la mortalité par âge, sexe et pays. Les chercheurs ont également utilisé le Malaria Atlas Project (MAP), un programme de surveillance des niveaux de transmission du parasite Plasmodium falciparum dans les différents pays.

Deux fois plus de décès qu'il y a 30 ans : Pour les besoins de l'étude, le monde a été divisé en 3 régions, les pays d'Afrique sub-saharienne et du Yémen (45 pays), les pays hors Afrique subsaharienne (45 pays) et les pays avec seulement Plasmodium vivax (15 pays). Ces derniers pays présentent un taux de mortalité du paludisme plus faible. Les chercheurs constatent,

- une fluctuation dans le nombre de décès sur une période de 30 ans

o 995.000 décès en 1980 (IC : 95% de 711.000 à 1.412.000)

o 1.817.000 décès en 2004 (IC : 95% de 1.430.000 à 2.366.000)

o 1.238.000 décès en 2010 (IC : 95% de 929.000 à 1.685.000)

- Dont, en Afrique,

o 493.000 décès en 1980

o 1.613.000 en 2004

o 1.133.000 en 2010

- En dehors de l'Afrique, les décès diminuent de manière continue de 500.000 en 1980 à 100.000 en 2010.

Les chercheurs constatent plus de décès que prévu chez les personnes de cinq ans ou plus, soit pour 2010, 435.000 décès en Afrique.

Ces résultats montrent que le fardeau du paludisme en termes de mortalité est bien plus important que prévu, surtout en regard des chiffres constatés il y a 30 ans. Devant cette « fragilité » et les moyens mis en œuvre pour obtenir la baisse récente de mortalité de ces dernières années, les chercheurs insistent sur l'importance du soutien continu et croissant des bailleurs de fonds internationaux pour pouvoir poursuivre la tendance.

Sources : The Lancet doi:10.1016/S0140-6736(12)60034-8 Volume 379, Issue 9814, Pages 413 - 431, 4 February 2012 Global malaria mortality between 1980 and 2010: a systematic analysis. 2012:379;385 Editorial: New estimates of malaria deaths: concern and opportunity.(Vignette NHS)

Accéder aux dernières actualités sur le Paludisme

Autres actualités sur le même thème

Pages