Vous recherchez une actualité
Actualités

OBÉSITÉ: Son gène FTO aiguise aussi l'impulsivité

Actualité publiée il y a 5 années 4 mois 2 semaines
Molecular Psychiatry

C’est un lien génétique entre obésité et impulsivité qui nous est révélé par ces chercheurs américains, un lien via le gène FTO, gène bien connu aujourd’hui pour son rôle dans l’obésité. Ces conclusions, présentées dans la revue Molecular Psychiatry, montrent que certaines variantes vont réduire l’activité de zones cérébrales impliquées dans le contrôle des impulsions. Moindre satiété ou sensation de faim, impulsivité alimentaire et propension à se tourner vers des aliments plus riches, autant de conséquences qui favorisent l’obésité.

Longtemps associé à l'obésité, le gène FTO vient même de voir son processus d'action décrypté, par une équipe de la Columbia University, qui montre comment les variations de ce gène affectent indirectement la fonction du cil primaire sortant de la membrane de certaines cellules du cerveau, affectant ainsi les récepteurs de la leptine, l'hormone de la satiété. On sait que les sujets porteurs de certains variants du gène FTO, dits à risque élevé, sont plus susceptibles de succomber à la sensation de faim, avec impulsivité d'ailleurs.


Les chercheurs du National Institute on Aging (NIA/NIH), de la Florida State University et du Johns Hopkins ont suivi sur une durée de 11 à 35 ans, des porteurs d'un variant à risque élevé du gène FTO, soit 697 participants, exempts de problèmes cognitifs ou neurologiques, âgés en moyenne de 45 ans, au départ de l'étude. Durant ce suivi, les auteurs ont rapproché les données d'IMC, de fonctionnement cérébral et des traits de personnalité. Les participants ont également subi des examens détaillés, dont des évaluations neuropsychologiques et neurologiques, des tests de laboratoire et radiologiques tous les 2 ans. Les facteurs de confusion comme l'âge, la race, l'éducation et le risque cardiovasculaire ont été pris en compte.

La variante FTO associée à plus d'impulsivité : L'analyse montre que cette variante est associée à une activité réduite dans les zones du cerveau impliquées dans le contrôle des impulsions. Les conséquences en termes de comportement sont claires, prise de poids, impulsions et apports alimentaires excessifs. L'imagerie cérébrale montre ici que la variante rs1421085, essentiellement identifiée chez les enfants et chez les jeunes, réduit l'activité cérébrale dans les zones du cerveau associées avec le contrôle des impulsions. Précisément,

· 20% des participants portaient 2 copies de la variante FTO liée à l'obésité,

· 48% 1 copie.

· Au fil du temps, l'IMC évolue en fonction de la présence de ces copies, avec une augmentation plus élevée dans le cas de 2 copies.

· Chez les porteurs de la variante, l'activité dans les zones du cerveau impliquées dans le contrôle des impulsions, se réduit avec l'âge.

Le gène FTO a donc une influence sur le fonctionnement du cerveau et sur la personnalité.

· Certes, de nombreux autres gènes sont impliqués dans l'obésité, comme le gène CEP19, « qui fait manger et empêche de bouger », ou encore certaines mutations du gène KSR2, qui vont augmenter l'appétit et ralentir le métabolisme. On connaît aussi les multiples facteurs environnementaux qui vont peser et sur l'obésité et l'impulsivité. Donc cette étude n'illustre les effets que d'un facteur parmi de multiples facteurs de risque.

· Enfin, rappelons cette étude publiée dans la revue Appetite qui pose la question fondamentale de la similitude comportementale conduit certaines personnes à l'excès d'alcool, à l'usage et la dépendance aux drogues qu'à une relation de dépendance à la nourriture. L'étude souligne combien impulsivité rime avec risque accru de dépendance alimentaire et donc avec risque d'obésité. Elle pose ainsi la question est à nouveau posée d'une nouvelle approche clinique de l'obésité, liée à l'hyperphagie boulimique, comme une forme de toxicomanie.

Enfin, juste une remarque : L'activité physique peut réduire jusqu'à 30% l'effet du gène de l'obésité (et de l'impulsivité)!

Source: Molecular Psychiatry May 27 2014 doi:10.1038/mp.2014.49 (Visuel Fotolia)

FTO genotype and aging: pleiotropic longitudinal effects on adiposity, brain function, impulsivity and diet

Lire aussi: PSYCHO: L'impulsivité un terrain favorable à l'obésité

Autres actualités sur le même thème