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POLLUTION et substances chimiques: Le poisson-zèbre fluo qui dit tout

Actualité publiée il y a 7 années 5 mois 50 min
Environmental Health Perspectives

Comprendre les effets sanitaires de la pollution à la fois sur la faune et la santé humaine devrait devenir plus simple grâce à un poisson-zèbre un peu spécial. Créé par une équipe de l'Université d'Exeter, le poisson permet de visualiser où se concentrent les substances chimiques de l'environnement et comment elles peuvent affecter la santé. Cette expérience est présentée dans l’édition du 18 avril de la revue Environmental Health Perspectives.

C'est une priorité pour des scientifiques du monde entier de trouver les meilleures façons de dépister la présence de ces produits chimiques dans le corps. Ici le Dr Tetsuhiro Kudoh et le professeur Charles Tyler de l'Université d'Exeter apportent premier aperçu sur les effets de ces produits chimiques sur l'ensemble du corps. Ce poisson vert fluorescent montre que les composés chimiques œstrogéniques, déjà associés à des troubles de la reproduction, impactent en réalité, bien d'autres parties du corps.


De nombreuses études ont déjà rangé certains composés chimiques présents dans des produits industriels et de produits pharmaceutiques dans les perturbateurs endocriniens responsables de troubles de la reproduction tant chez l'Homme que chez l'animal. Cette nouvelle recherche de l'Université d'Exeter vient d'identifier, pour un grand nombre de ces substances, le risque de « changement de sexe » sur des poissons mâles. D'ailleurs, rappellent les auteurs, l'exposition humaine à ces produits chimiques qui peut altérer la signalisation hormonale dans le corps, a elle-aussi déjà été associée à une diminution du nombre de spermatozoïdes et autres problèmes de santé, dont les cancers du sein et des testicules.

Du fluo répond aux œstrogènes: L'équipe a créé un poisson zèbre transgénique qui, lorsqu'exposé à des œstrogènes environnementaux montre, par signaux fluorescents verts, où s'activent ces produits chimiques dans le corps. L'équipe de recherche a testé la sensibilité du poisson à différents produits chimiques dont l'éthinylestradiol, utilisé dans des pilules contraceptives, le nonylphénol, utilisé dans les peintures et les détergents industriels, et… le bisphénol A, qui se trouve dans de nombreux plastiques. Leur poisson est suffisamment sensible pour émettre ces signaux fluorescents grâce à un système génétique qui amplifie la réponse aux œstrogènes.

Des réponses dans certaines parties du corps ont pu être ainsi associées à ces produits chimiques: par exemple, le foie, le muscle squelettique et les yeux et, dans le cas du bisphénol A, le cœur. Le Professeur Charles parle d'un développement très excitant pour comprendre l'impact des produits chimiques œstrogéniques sur la santé humaine : « Nous allons maintenant être en mesure de cibler plus efficacement les effets sanitaires de ces substances chimiques préoccupantes ».

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