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POLLUTION liée aux transports: Le diesel est-il le grand coupable ?

Actualité publiée il y a 7 années 7 mois 1 heure
Académie nationale de médecine

L’impact des particules diesel est-il entre mythe et réalité ? C’est la question à laquelle tente de répondre le Dr Michel Aubier, pneumologue et membre de l’Académie nationale de médecine, alors que l'Agence Internationale pour la Recherche sur le Cancer (IARC), émanation de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), a bien classé, en juin 2012, les gaz d’échappement diesel comme cancérigènes pour l'homme (Groupe 1). Cependant, pour Michel Aubier, si l’exposition aux particules de la pollution atmosphérique, produites en grande partie par la circulation automobile, en particulier aux particules diesel, est bien associée à de multiples effets délétères, de nombreuses interrogations demeurent sur leur impact réel sur la santé.

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Les particules issues des moteurs Diesel (PDi) représentent environ 40% de la pollution particulaire urbaine. Elles se présentent sous forme de microsphères de carbone agrégées les unes aux autres d'un diamètre aérodynamique moyen de 100 nm comportant de nombreuses molécules dont des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des métaux lourds. Leur petite taille ainsi que leur caractère hydrophobe leur permet d'atteindre facilement le compartiment alvéolaire des poumons où elles peuvent séjourner pendant plusieurs mois.


L'exposition aux PDi a déjà été associée à

· l'aggravation et/ou le développement des allergies respiratoires et de l'asthme en particulier

· la survenue de cancers du poumon

· la survenue de maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde)

· une surmortalité

- Sur le risque d'asthme et d'allergies respiratoires, l'auteur s'accorde, au vu des données des différentes études épidémiologiques analysées, avec la position prudente de l'Organisation Mondiale de la Santé sur le risque de développement de l'allergie et d'exacerbation des symptômes et de la réponse inflammatoire, lié à l'exposition à la pollution liée aux transports. Cependant, en l'absence de biomarqueur fiable du niveau d'exposition aux PDi, la plupart des données disponibles portant sur la pollution particulaire dans son ensemble et pas seulement les PDi, le processus sous-jacent de l'action des PDi menant au développement de l'asthme et des allergies restant encore mal compris, pour l'auteur, de nombreuses questions restent encore à résoudre.

- Sur le risque de cancer du poumon, en dépit du récent classement comme cancérigène par l'IARC, des plus de 6.000 publications concernant le sujet, l'auteur s'accorde sur un faible risque relatif (RR : 1,2) de cancer du poumon chez des populations ayant une exposition professionnelle mais précise que, sur le plan expérimental, seules des concentrations supérieures à 100 fois la concentration de PDi atmosphérique entraine un cancer du poumon chez l'animal…

- Sur le risque de maladies cardiovasculaires, les études, encore une fois portent sur la pollution particulaire globale et pas spécifiquement les PDi. Néanmoins, les études expérimentales chez l'animal confirment bien une hypercoagulabilité sanguine correspondant à un risque cardiovasculaire augmenté, également constaté chez l'Homme exposé à la pollution atmosphérique particulaire.

- Sur le risque de surmortalité, de très nombreuses études ont établies le lien à court terme entre mortalité toutes causes confondues et l'exposition à la pollution. Mais encore une fois, précise l'auteur, les études concernaient la pollution particulaire dans son ensemble et pas uniquement les PDi.

La pollution liée au transport reste bien un vrai problème sanitaire : En conclusion, cet article scientifique, qui prend en compte un grand nombre d'études menées sur le sujet, suggère de nuancer ces données. En 20 ans, les nouvelles technologies automobiles auraient permis de réduire de 39% les émissions de particules du transport et cela, en particulier, grâce aux développements technologiques apportés à la motorisation Diesel (optimisation de la combustion, suralimentation, injection directe, filtre à particules). Pour l'auteur, le problème actuel est donc celui de la diminution de la pollution liée aux transports dans sa globalité plutôt qu'une focalisation sur les émissions des moteurs Diesel.

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