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SCHIZOPHRÉNIE: Les hallucinations seules ne sont pas un critère suffisant

Actualité publiée il y a 4 années 4 mois 1 semaine
Schizophrenia Research

La schizophrénie n’est pas une maladie rare, elle affecte environ 0,7% de la population mondiale et environ 600.000 personnes en France. Malgré des décennies de recherches, la maladie reste très difficile à diagnostiquer à stade précoce, entre l'apparition des premiers symptômes et son développement. Cette analyse des symptômes, menée par une équipe de l’Université de Caroline du Nord et publiée dans la revue Les résultats ont été publiés en ligne aujourd'hui dans la revue Schizophrenia Research, va permettre d’affiner les critères de diagnostic de la schizophrénie, notamment pour les adolescents à risque élevé.

Ainsi des pensées illogiques et désorganisées constituent le signe le plus prédictif du risque de schizophrénie, plus que les troubles de la perception ou ensuite les hallucinations qui, pris isolément, ne sont pas prédictifs, bien que caractéristiques de la schizophrénie. La détection précoce de la maladie, comme pour la plupart des troubles mentaux, est une priorité car elle permet un traitement plus précoce et donc un meilleur pronostic.


C'est pourquoi le Dr Diana Perkins, professeur de psychiatrie à l'UNC School of Medicine, auteur de l'étude a décidé de réétudier l'ensemble de symptômes pris en compte dans le diagnostic, dont la paranoïa, les délires les hallucinations et la désorganisation de la pensée et du comportement. Il y a toujours psychose ou perte de contact avec la réalité dans la schizophrénie, rappelle l'auteur, cependant seuls 15-20% des personnes qui présentent ces symptômes légers de type psychotique vont effectivement développer la schizophrénie.

L'idée était donc de tracer une ligne clinique précise en identifiant, parmi les symptômes, les plus prédictifs. L'étude a été menée auprès de 296 individus à risque élevé de psychose, atteints de symptômes de psychose légère, suivis sur une période de 2 ans. L'analyse révèle que la méfiance chronique et la pensée désorganisée sont des facteurs prédictifs majeurs, qui peuvent être encore renforcés en cas de difficulté de focalisation ou concentration et d'absence d'idéation.

Enfin, conclusion ont pu être validées sur une nouvelle cohorte de 592 patients présentant également des symptômes légers de psychose. Les chercheurs expliquent que cette méfiance chronique et cette désorganisation de la pensée induisent chez ces patients un sentiment d'être perpétuellement observés ou critiqués, tout en ayant conscience que cela ne peut pas être vrai. Quant aux difficultés d'attention et de concentration, elles entraînent des problèmes d'inattention et de mémoire à court terme et l'absence d'idéation une difficulté à suivre une conversation ou de réfléchir tout simplement.

Se focaliser sur le processus de pensée : Ainsi, de manière étonnante, les troubles de la perception qui précèdent généralement les hallucinations ne sont pas prédictives de schizophrénie, même si ces symptômes sont fréquemment retrouvés chez les patients psychotiques. Il s'agit donc, concluent les auteurs, de se focaliser sur le processus de pensée plus que sur les troubles de la perception. Des implications donc importantes pour le diagnostic de la schizophrénie chez les patients à risque élevé de psychose.

Source : Schizophrenia Research October 02, 2015 DOI : 10.1016/j.schres.2015.09.008 Severity of thought disorder predicts psychosis in persons at clinical high-risk

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