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SOCIÉTÉ: Après la Facebook depression, l'iPad depression?

Actualité publiée il y a 6 années 11 mois 1 semaine
Nature

L'utilisation d'un iPad tard dans la nuit peut-elle favoriser la dépression ? Ici, il ne s’agit pas d’un nouveau type d’addiction, mais d’une exposition « anormale » à la lumière qui entraîne un trouble de l’humeur. Cette étude, menée, sur la souris exposée à des cycles de lumière irréguliers –et non à un iPad- montre que l'exposition chronique irrégulière à la lumière, comme dans le cas du travail de nuit, ou de l’utilisation tardive d’une tablette, élève les niveaux d'une hormone du stress qui favorise la dépression et le déclin cognitif. Ces conclusions, publiées dans l’édition du 14 novembre de Nature identifient ainsi et aussi, un nouveau rôle des cellules ganglionnaires de la rétine, sur le stress.

Une précédente étude, publiée dans la revue Applied Ergonomics avait déjà suggéré que la lumière bleue des tablettes mobiles, affecte l'hormone du sommeil, la mélatonine et donc notre cycle circadien ou horloge biologique. Une exposition de 2 heures à ces dispositifs électroniques suffirait à entraîner une réduction de plus de 20% des niveaux de mélatonine, selon l'étude.


Les auteurs, de la Johns Hopkins University et de la Rider University, rappellent que le cycle solaire quotidien permet aux organismes de synchroniser leurs rythmes circadiens et de préserver les cycles veille-sommeil. Les variations de la longueur du jour, le travail posté et les décalages horaires entraînent des modifications de l'humeur et des déficits de la fonction cognitive. Ainsi, alors que des études ont déjà suggéré qu'une exposition irrégulière ou anormale à la lumière telle que celle subie par des travailleurs de nuit, peut avoir un impact négatif sur la santé mentale, suggère une association entre une exposition irrégulière à la lumière et des troubles cognitifs et de l'humeur. C'est ce que les chercheurs ont voulu vérifier en exposant des souris à des épisodes lumineux irréguliers vs un groupe témoin de souris exposé à des cycles de lumière normaux (12 heures de lumière et 12 heures d'obscurité).

Cycle irrégulier, stress augmenté : Les chercheurs constatent chez les souris « déboussolées » des niveaux plus élevés d'hormones du stress et, concluent par tests comportementaux, à des effets négatifs sur l'humeur et la fonction cognitive. Les souris soumises à un cycle lumière/obscurité irrégulier montrent « un manque d'intérêt » pour de nouvelles expériences et une grande apathie physique, des signes équivalents, disent les chercheurs, à ceux d'un état dépressif chez l'Homme. Ces souris présentent des niveaux de coricostérone, une hormone du stress, plus élevés par rapport aux autres souris, une préférence diminuée pour le sucre, une propension à l'immobilité (même pendant le test de la nage), des déficits d'apprentissage, qui disparaissent lorsqu'elles reçoivent des antidépresseurs…Le Pr Samer Hattar de l'Université Johns Hopkins commente : « Bien sûr, on peut se demander ce que pensent ces souris…, mais nous constatons des comportements typiques de dépression comme ce manque d'intérêt pour le sucre ou de recherche du plaisir ainsi que des difficultés d'apprentissage et de mémorisation ».

Des résultats qui, selon les auteurs, démontrent l'influence de la lumière sur les fonctions cognitives et l'humeur qui s'exerce directement sur des cellules ganglionnaires de la rétine, principalement responsables de la vision, mais également médiatrices de ces effets de la lumière sur l'humeur, la concentration et le comportement.

Source: Nature doi:10.1038/nature11673 online November 14 2012 Aberrant light directly impairs mood and learning through melanopsin-expressing neurons

Lire aussi : RYTHME CIRCADIEN: La lumière des tablettes perturbe l'hormone du sommeil – et, sur la Facebook depression

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