Vous recherchez une actualité
Actualités

SOLITUDE: Face à l'adversité on perd de son immunité

Actualité publiée il y a 4 années 8 mois 2 semaines
PNAS

Augmentation de la réponse inflammatoire et diminution de la réponse antivirale, et donc de la réponse immunitaire, cet ensemble de processus pourrait être favorisé par la solitude. Ces chercheurs américains reviennent ainsi sur le concept d’un profil génétique induit ou influencé par des sentiments négatifs, tels que la solitude, appelé aussi « profil transcriptionnel face à l’adversité » (conserved transcriptional response to adversity ou CTRA). Une réponse biologique ici associée à l’isolement ou à l’adversité qui affecte le système immunitaire et « débouche » sur un risque accru de maladies et de décès. Conclusions dans les Actes de l’Académie des Sciences américaines.

CORONAVIRUS

TENA soutient les aidants
familiaux et leurs proches

Nous soutenons les aidants familiaux et leurs proches pendant cette période difficile. Cliquez ici pour retrouver nos conseils et astuces simples sur l'hygiène.

De précédentes études sur l'animal ont montré face à un danger, une signalisation accrue du système nerveux sympathique (SNS) vers la moelle osseuse, ce qui augmente l'activité des gènes pro-inflammatoires qui stimulent le développement de cellules myéloïdes sanguines. Ces cellules myéloïdes, à l'origine de la majorité des cellules sanguines, donnent en particulier naissance aux différents types de globules blancs impliqués dans la réponse immunitaire. Cette activité accrue des cellules myéloïdes peut ainsi contribuer au développement de maladies chroniques liées à l'inflammation. Enfin, l'activité accrue des gènes pro-inflammatoires –liée à cette signalisation accrue du SNS- a un second effet : elle contribue à réduire l'activité des gènes impliqués dans la production de protéines immunitaires antivirales. Ce dernier processus est appelé « profil transcriptionnel face à l'adversité » (conserved transcriptional response to adversity ou CTRA) car associé à l'expression du gène CTRA.


Les chercheurs de l'Université de Californie et l'Université de Chicago ont mené cette étude de laboratoire avec des singes macaques rhésus et chez l'Homme, afin de mieux comprendre les mécanismes biologiques associés à l'isolement et leurs effets sur le risque de maladie chronique ou de décès précoce, en particulier via l'expression de CTRA.

L'étude a ainsi porté sur 141 participants à l'étude CHASRS (Chicago Health, Aging and Social Relations Study), dont un quart très isolé socialement, tel que mesuré par une échelle « de solitude » standard. Les chercheurs ont évalué régulièrement, sur une durée de suivi de 10 ans, le taux de globules blancs dans le sang et l'expression génique CTRA ainsi que les niveaux d'hormones adrénaline, noradrénaline et cortisol, dans l'urine.

Idem, avec les macaques classés en fonction de leur niveau d'isolement social.

L'analyse constate que :

· l'isolement social est associé à une augmentation moyenne de 6,5% dans l'activité des gènes qui composent le profil CTRA.

· Après ajustement supplémentaire pour le stress, la dépression et le niveau de soutien social, l'isolement s'avère même associé à une augmentation de 12,2% de l'expression de CTRA.

· L'isolement social est aussi associé à une augmentation des niveaux de globules blancs impliqués dans la réponse inflammatoire.

· Enfin, chez le macaque exposé au SIV, la réponse immunitaire est bien altérée en cas d'isolement social.

Solitude et réponse immunitaire : Ces travaux confirment ainsi une augmentation de l'activité du système nerveux sympathique, en situation d'isolement social, associé à un développement des globules blancs inflammatoires dans la moelle osseuse et une diminution de production des protéines antivirales, donc une réponse immunitaire réduite.

La démonstration vaut non seulement pour la solitude et l'isolement social mais probablement pour d'autres situations d'adversité. Elle pose également la question de la relation inverse, ou les effets de la maladie chronique sur la vie sociale. Mais quel que soit le sens de cette relation, et le mécanisme biologique en cause, l'étude ajoute à la preuve que la solitude, en particulier pour les personnes âgées est bien un facteur majeur de risque pour la santé.

Source: PNAS November 23 2015 doi: 10.1073/pnas.1514249112 Myeloid differentiation architecture of leukocyte transcriptome dynamics in perceived social isolation

Lire aussi: SOLITUDE: Presqu'aussi meurtrière que le tabagisme

La SOLITUDE, facteur de stress chronique et de dysfonctionnement immunitaire -

Autres actualités sur le même thème