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SPINA BIFIDA : La chirurgie sur le fœtus réduit de 50% l'invalidité

Actualité publiée il y a 10 années 9 mois 3 semaines
New England Journal of Medicine

Cette étude des NIH montre qu’une intervention chirurgicale alors que le bébé est encore dans l'utérus réduit considérablement le taux d'invalidité. Menée en collaboration avec le Children’s Hospital of Philadelphia (CHOP), l’Université de Californie (UCSF), le Vanderbilt University Medical Center de Nashville, l’Université George Washington (Washington, D.C.) and le NIH’s Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development (NICHD), c’est une étude importante, publiée dans l’édition du 9 février du New England Journal of Medicine.

La spina bifida est l'une des anomalies de fermeture du tube neural (AFTN) chez le fœtus, peut être reliée au déficit des femmes en acide. Les AFTN ont une incidence d'environ 1 grossesse sur 1.000, soit quelque 1.000 nouveaux cas en France chaque année, dont 350 à 400 cas de spina bifida.


L'intervention chirurgicale consiste à fermer une ouverture à l'arrière de la colonne vertébrale du fœtus. La chirurgie fœtale est une approche dérivée de l'approche traditionnelle, qui consiste à réparer le défaut de la colonne vertébrale avant la naissance de l'enfant. La procédure chirurgicale fœtale augmente également les chances que l'enfant soit capable de marcher sans béquilles ou autres dispositifs.

Le myéloméningocèle, une hernie de la moelle épinière hors de son enveloppe osseuse naturelle est la forme la plus grave de spina bifida, une maladie dans laquelle la colonne vertébrale ne se referme plus autour de la moelle épinière. Selon les chercheurs, il touche 3,4/10.000 naissances, et 10% des nourrissons touchés meurent. Les enfants avec myéloméningocèle sont soumis à des blocages qui entravent ou coupent la circulation du liquide céphalo-rachidien dans le cerveau. L'accumulation de fluide en résultant peut être mortelle, et un tube, ou shunt, doit être inséré dans le cerveau pour drainer l'excès de liquide dans la cavité abdominale.

Cette étude, the Management of Myelomeningocele Study (MOMS), prévue au départ sur 200 mères enceintes portant un enfant avec myéloméningocèle, s'est arrêtée après inscription de 183 femmes, en raison des bénéfices démontrés chez les enfants ayant subi une chirurgie prénatale. Les femmes volontaires pour participer à cette étude, ont été assignées au hasard à l'un des deux groupes. Le premier groupe a subi une opération prénatale avant la 26e semaine de grossesse. Pour le second groupe, l'intervention chirurgicale était pratiquée sur l'enfant après la naissance.

Résultats :

· Les décès ou la nécessité d'un shunt s'avèrent beaucoup moins élevés chez les sujets ayant subi une chirurgie prénatale, survenant dans 67,9% des nourrissons dans le groupe chirurgie prénatale vs 97,5% dans le groupe chirurgie traditionnelle.

· Les enfants dans le groupe chirurgie prénatale sont plus susceptibles d'être capables de marcher sans béquilles ou orthèses (41,9% vs 20,9%).

· A 12 mois d'âge, un tiers des enfants (35,7%) ayant subi une chirurgie prénatale n'avait plus aucune preuve de hernie du cerveau vs 4,3% dans le groupe chirurgie postnatale.

Quelques risques constatés : Toutefois, les nourrissons qui ont subi cette chirurgie prénatale se sont avérés plus susceptibles d'être prématurés que les enfants opérés après la naissance. Comme pour tous les nourrissons nés prématurément, ces nouveau-nés prématurés présentaient un risque accru de difficultés respiratoires. Les mères qui ont subi la chirurgie pendant leur grossesse ont également un risque accru de déhiscence (rupture) utérine. "En dépit d'un risque accru de prématurité, les enfants qui ont subi une chirurgie prénatale vont beaucoup mieux que les enfants opérés après la naissance», affirme le Dr. Alan Guttmacher directeur du NICHD. "Toutefois, il s'agit d'une chirurgie très spécialisée à mener avec un personnel ayant une excellente expérience de la procédure."

Aux Etats-Unis, comme en France, les institutions de santé recommandent que toutes les femmes en âge de procréer consomment 400 microgrammes d'acide folique pour réduire le risque d'avoir un enfant avec une malformation du tube neural.