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TABAC : 15 mn après l'inhalation, les dommages génétiques sont là

Actualité publiée il y a 9 années 2 mois 2 semaines
Chemical Research in Toxicology

C’est un avertissement sévère et « sans ambages » qu’adresse cette nouvelle étude à ceux qui seraient tentés de commencer à fumer : La fumée de cigarette commence à causer des dommages génétiques dans les minutes après l'inhalation dans les poumons et pas comme on pourrait le croire après des années de tabagisme. Cette première étude réalisée sur la façon dont certaines substances du tabac causent lésions de l'ADN, financée par l'Institut national du cancer américain est publiée dans la revue Chemical Research in Toxicology, l’une des 38 revues scientifiques publiées par l'American Chemical Society.

Le Pr. Stephen S. Hecht – un expert mondialement reconnu des substances cancérogènes présentes dans la fumée du tabac- et ses collègues rappellent en préambule que le cancer du poumon coûte la vie à 3.000 personnes chaque jour, principalement en raison de la cigarette et que le tabagisme est également lié à au moins 18 autres types de cancer. Les données indiquent que les substances nocives de la fumée de tabac, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), sont l'un des facteurs responsables du cancer du poumon. Mais, jusqu'à présent, les scientifiques n'avaient pas déterminé la manière spécifique dont les HAP endommagent l'ADN humain.


Les scientifiques ont marqué l'un des HAP, le phénanthrène, et ont suivi sa trace chez 12 volontaires qui fumaient des cigarettes. Ils ont constaté que le phénanthrène forme rapidement une substance toxique dans le sang, appelé ADN- poubelle, provoquant des mutations qui peuvent causer le cancer. Les fumeurs ont développé des taux maximum de cette substance dans un laps de temps qui a surpris les chercheurs et cela, juste 15-30 minutes après la cigarette. Les chercheurs constatent que l'effet est si rapide que son équivalent serait une injection de la substance directement dans le sang.

«Cette étude est unique », écrit le Pr. Hecht, "C'est la première à étudier le métabolisme sur l'homme d'un HAP spécifiquement administré par inhalation de la fumée de cigarette, sans autres sources d'exposition telles que la pollution de l'air ou l'alimentation. Les résultats présentés ici doivent servir d'avertissement sévère à ceux qui envisagent de commencer à fumer », souligne l'article.