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TABAGISME PASSIF: 20% des nourrissons fragiles des poumons se font enfumés

Actualité publiée il y a 4 années 6 mois 3 semaines
Pediatrics

Ces résultats d’une étude de la Johns Hopkins Medicine alertent sur la sous-déclaration de l’exposition au tabagisme passif, d’enfants déjà très fragilisés sur le plan pulmonaire. Ainsi, les enfants prématurés, nés avec un faible poids de naissance ou a fortiori atteints de dysplasie broncho-pulmonaire, donc particulièrement à risque, et dont les parents ont bien été informés de l’importance de ne pas fumer à la maison, présentent trop fréquemment des niveaux de nicotine élevés lors de tests de routine, d'urine, de salive ou de sang. Bref, il reste un long chemin à parcourir pour mieux sensibiliser aux dangers du tabagisme, passif, selon ces conclusions, présentées dans la revue Pediatrics.

Les médecins savent depuis longtemps que l'exposition de la fumée de tabac peut être très nocive pour les enfants atteints de dysplasie broncho-pulmonaire, une maladie pulmonaire qui accompagne fréquemment une naissance prématurée. Ainsi, près d'1 enfant sur 2, né avec un poids de naissance < 1.000 grammes, développe une dysplasie broncho-pulmonaire. Les médecins et les soignants avertissent bien les parents et leur recommandent de ne pas fumer à la maison. Pourtant…


Plus de 20% de ces enfants à risque présentent des niveaux de nicotine associés à une exposition importante à la fumée du tabac, révèle cette petite étude, basée sur des tests de mesure des niveaux de nicotine. « Nous constatons que plus d'un enfant sur 5 à risque, pourtant renseigné comme vivant au sein d'une famille « non-fumeur » est exposé de façon importante », explique le Dr Sharon McGrath-Morrow, professeur de pédiatrie et spécialiste des poumons au Centre Johns Hopkins Children.

Pour l'étude, les chercheurs ont recueilli des cheveux de 117 petits patients âgés de moins de 3 ans, suivis en ambulatoire pour dysplasie broncho-pulmonaire. A la même visite, les parents ont renseigné par questionnaires les niveaux d'exposition éventuelle au tabac dans la maison, dont les habitudes tabagiques des membres de la famille. L'analyse des cheveux et des questionnaires montre que,

· environ 20% des petits patients étaient exposés,

· une association positive et dose-dépendante entre les niveaux de nicotine dans les cheveux et le nombre de fumeurs au foyer,

· 22% des enfants dont les parents avaient déclaré une absence d'exposition présentent des niveaux de nicotine similaire aux enfants vivant dans des foyers ouvertement déclarés comme fumeurs, ce qui suggère que les parents n'ont pas correctement signalé leurs habitudes tabagiques ou bien que les enfants étaient exposés hors du foyer.

· Enfin, même si jugée non statistiquement significative, une tendance à des niveaux plus élevés de nicotine est identifiée chez des enfants de parents non-fumeurs mais vivant dans des bâtiments collectifs.

La conséquence de ces expositions passives est matérialisée par l'étude : Ainsi les chercheurs constatent un risque multiplié par 6 à 7 des risques d'hospitalisation et/ou de limitation d'activités chez ces enfants exposés. Il reste donc à mener une véritable éducation des parents et à généraliser ce type de test sur les cheveux, en routine clinique, pour vérifier l'absence d'exposition de ces enfants au tabagisme passif.

Source: Pediatrics February 2, 2015 doi: 10.1542/peds.2014-2501 Hair Nicotine Levels in Children With Bronchopulmonary Dysplasia (Visuel © Antonio Gravante - Fotolia.com)

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