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Une HYPOPHYSE développée à partir de cellules souches ?

Actualité publiée il y a 10 années 10 mois 4 semaines
Nature

Fabriquer une hypophyse à partir de cellules souches pourrait permettre de traiter un grand nombre troubles endocriniens liés à de faibles niveaux d'hormones sexuelles, de croissance et de stress. Ces chercheurs japonais y sont parvenus, sur la souris. Ces résultats, publiés en ligne dans la revue Nature du 11 novembre, peuvent laisser espérer le même process à partir de cellules humaines. N.B. : La même équipe avait déjà créé une rétine à partir de cellules souches de souris.

Ces scientifiques japonais du Centre Riken de Kobe (Japon) ont réussi, à partir de cellules souches embryonnaires de souris, à former une hypophyse antérieure, comportant plusieurs types différents de cellules productrices d'hormones. Une fois greffé chez la souris, l'organe conçu produit une hormone du stress appelée corticotrophine.


L'équipe a d'abord développé une structure de soutien pour la culture des cellules souches, comportant les facteurs de croissance nécessaires. Au bout de trois semaines, les cellules avaient formé une hypophyse antérieure composée de plusieurs types de cellules libérant des hormones. Stimulée avec une autre hormone, cette hypophyse antérieure reconstituée a pu produire une hormone du stress, la corticotrophine. Transplantée enfin à côté des reins sur des souris modèles dépourvues de glande pituitaire (hypophyse), l'hypophyse antérieure développée parvient à produire la même hormone. Ces souris dépourvues d'hypophyses, une fois greffées, survivent plus longtemps que les souris non greffées.

Un futur traitement pour l'insuffisance hypophysaire? Le Dr. Méhul Dattani, professeur d'endocrinologie pédiatrique à l'University College de Londres, commente cette expérience : « Les hypophyses fabriquées à partir de cellules souches humaines pourraient constituer un traitement pour l'insuffisance hypophysaire, une série de troubles endocriniens causés par de faibles niveaux d'hormones sexuelles, de croissance et de stress. Car les traitements actuels impliquent une hormonothérapie à vie. Les scientifiques « doivent » encore reproduire le même mécanisme avec des cellules souches embryonnaires humaines ou en reprogrammant des cellules souches pluripotentes (iPS). Un grand obstacle à l'ingénierie d'hypophyses humaines pourrait être la greffe elle-même, compte-tenu des connexions entre l'hypophyse et l'hypothalamus ».

Source : Nature doi:10.1038/nature10637 9 November 2011 « Self-formation of functional adenohypophysis in three-dimensional culture” (Visuel Nature “Schematic of pituitary development”

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