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VISION: Restauration de la vue, interventions, le cerveau a son mot à dire

Actualité publiée il y a 4 années 8 mois 1 jour
Journal of Neurophysiology

Grâce à l’implantation de prothèses, on peut aujourd’hui, en cas de faible vision, recouvrer une vision à peu près normale. Cette recherche de l’Université de Montréal qui aborde la question de l’accommodation sensorielle du cerveau à une restauration de la vue montre que cette réadaptation après une cécité prolongée n'est pas totalement réversible. Les conclusions, présentées dans le Journal of Neurophysiology, suggèrent que la plasticité du cerveau a ses limites.

Les scientifiques de l'Université de Montréal et de l'Université de Trento ont pu étudier cette question de la réorganisation sensorielle cérébrale, à partir du cas rare d'une patiente, dotée d'une très faible vision depuis sa naissance et qui, grâce à l'implantation d'une kératoprothèse, a subitement recouvré la vue à l'âge adulte. Les résultats révèlent que le cortex visuel, la zone du cerveau qui traite les données visuelles, conserve une certaine plasticité mais que cette plasticité « a des limites ». « Plusieurs mois après la chirurgie, le cortex visuel n'avait toujours pas atteint un fonctionnement normal », écrivent les auteurs.


Le cerveau s'adapte une première fois à la cécité : Le cortex occipital développe une capacité de traitement pour d'autres sens, comme l'ouïe et le toucher, pour compenser la perte de vision. « Cette importante réorganisation du cerveau pourrait devenir devient un handicap pour les personnes qui recouvrent la vue grâce à la chirurgie, car le cortex occipital pourrait avoir aurait de la difficulté à "voir" après avoir été privé de stimuli visuels pendant des années », explique Giulia Dormal, auteur principal de l'étude.

Il ne s'adapte que partiellement au recouvrement de la vue : Lorsque les chercheurs observent par IRM l'activité du cortex de la patiente durant diverses tâches visuelles et auditives, ils constatent que si une partie du cortex occipital s'est réorganisée depuis l'intervention, suggérant une certaine plasticité à la suite du recouvrement de la vue à l'âge adulte, le rétablissement n'est pas total : « Le rétablissement du cortex visuel, que l'on constate par une diminution de la réponse aux stimuli auditifs et une augmentation graduelle de la réponse aux stimuli visuels et de la densité de matière grise, n'est pas. En fait, certaines régions du cortex visuel continuent de répondre aux stimuli auditifs sept mois après la chirurgie, et ces réponses viennent chevaucher les réponses aux stimuli visuels ».

En conclusion, cette limite de plasticité pourrait, selon les chercheurs, expliquer pourquoi, à 7 mois après l'intervention, certains aspects de la vision, malgré une amélioration graduelle, sont toujours sous la normale. Deux implications sur le plan clinique, l'intérêt d'un pronostic, via IRM, de l'ampleur du recouvrement de la vue, avant la chirurgie et le développement de programmes de réhabilitation à la suite d'une chirurgie de restauration de la vue.

On peut aussi, probablement généraliser ces conclusions, dans une moindre mesure, aux différentes interventions sur l'œil, comme la chirurgie de la myopie, qui vont, de la même manière nécessiter, durant quelques mois, un effort d'adaptation du cerveau.

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