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ALCOOL: La dopamine, marqueur du risque de dépendance

Actualité publiée il y a 6 années 5 mois 1 semaine
ACER : Alcoholism: Clinical & Experimental Research

La dopamine du cerveau est un marqueur du risque de troubles liés à l'alcool, conclut cette recherche de l’Université Mc Gill. L’étude, publiée dans la revue Alcoholism: Clinical & Experimental Research (ACER) montre que les réponses dopaminergiques à l'ingestion d'alcool peuvent permettre d’évaluer la vulnérabilité neurobiologique à l’alcool.

Les auteurs rappellent que le développement de troubles liés à l'alcool est lié soit à un faible niveau de réponse à l'alcool soit à une propension à récompenser les comportements d'expérimentation, une propension liée à certains traits de la personnalité. Leur étude a examiné la relation entre ces deux facteurs et les réactions dopaminergiques du striatum à l'alcool. Elle montre que les personnes à risque élevé d'alcoolisme vont présenter, en réponse à la consommation d'alcool, une augmentation de la dopamine du cerveau et les personnes à faible risque une diminution de dopamine dans le cerveau.


Le Pr Marco Leyton, professeur de psychiatrie à l'Université McGill et auteur de l'étude rappelle que de nombreuses études ont déjà impliqué la dopamine dans les comportements de recherche de récompenses. On sait ainsi que l'augmentation de la transmission de la dopamine renforce la capacité d'attraction de certains stimuli, encourage à « recommencer » et que la dopamine joue un rôle important dans les addictions que ce soit aux drogues, à la nourriture, ou au sexe. Or de précédentes études ont montré que la consommation d'alcool peut augmenter la libération de dopamine dans le striatum du cerveau.

Les chercheurs ont recruté 26 consommateurs d'alcool, en bonne santé, âgés de 18 à 30 ans, à différents niveaux de risque d'alcoolisme. Ces participants ont renseigné par questionnaire leur consommation d'alcool et de drogues sur les 12 mois précédents, ainsi que plusieurs traits de leur personnalité. Puis leur cerveau a été scanné après consommation d'alcool ou administration d'un placebo. Les chercheurs constatent chez les personnes évaluées comme vulnérables à l'alcool, qu'une réponse élevée de dopamine, associée à une forte récompense, va venir compenser les effets sédatifs de l'alcool. Inversement, les personnes qui libèrent peu de dopamine quand ils boivent ressentent des effets sédatifs prononcés.

Très peu de marqueurs neurobiologiques permettent de prédire le risque d'abus d'alcool. Or, cette recherche montre une variation importante de la réponse de la dopamine à l'alcool corrélée au risque d'alcoolisme. Des niveaux élevés de dopamine en réponse, contribuent à favoriser le développement d'une dépendance. D'autres facteurs, génétiques ou environnementaux, vont évidemment intervenir, précisent les chercheurs, et chaque cerveau est différent et influencé de diverses façons par toutes sortes d'expériences.

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