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ASPARTAME : Faut-il réduire ou interdire ?

Actualité publiée il y a 8 années 9 mois 1 jour
Sécurité alimentaire

Le réseau environnement santé a demandé le 21 janvier à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), à l’occasion de la conférence qu’il organisait sur la réévaluation des risques de l’aspartame, de revoir à la baisse la dose journalière admissible (DJA). Faisant suite à la publication récente de l’étude du très sérieux American Journal of Clinical Nutrition qui associe consommation de boissons avec aspartame pendant la grossesse avec risque élevé d’accouchement prématuré, suivie par la réaction de l’Anses qui s’était engagée sans délai à procéder à une nouvelle évaluation des risques potentiels de l’Aspartame, les industriels de l’alimentaire avaient aussi réagi, dans le sens contraire, par la voix de l’Association Internationale pour les Edulcorants (ISA).

L'aspartame est autorisé en Europe depuis 1994 par la directive 94/35/CE(1) après évaluation par le Comité scientifique de l'alimentation humaine de la Commission européenne (CSAH) en 1985 avec une dose journalière admissible (DJA) de 40 mg/kg poids corporel(2). Le CSAH a réévalué l'aspartame en 1989, 1997 et 2002 et plus récemment l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) en 2006. L'aspartame est également autorisé aux Etats-Unis en tant qu'édulcorant après évaluation par la US Food and Drug Administration (FDA) en 1974. La FDA a réévalué l'aspartame en 1981, 1983, 1998 et plus récemment en 2007.


Une série d'études, depuis 1995, a suggéré des risques : En 1995, l'étude américaine d'Olney et al., basée sur des données du National Cancer Institute suggère la première une relation possible entre l'augmentation de la fréquence des tumeurs du cerveau chez l'homme et la consommation d'aspartame aux Etats-Unis. En 2005, 2006 et 2007, l'European Foundation of Oncology and Environnemental Sciences « B Ramazzini » à Bologne, publiait les résultats d'études chez le rat dont les conclusions évoquaient une augmentation de l'incidence des lymphomes, leucémies et autres types de cancer chez les animaux exposés à l'aspartame. La dernière étude publiée par l'American Journal of Clinical Nutrition (1) menée tout de même sur 60.000 femmes enceintes, associe consommation d'aspartame durant la grossesse et risque plus élevé d'accouchement prématuré.

Le RES organisait le 21 janvier une conférence pour mettre en lumière les études réalisées par l'équipe du Dr Morando Soffritti du centre de recherche sur le cancer Ramazzini de Bologne, qui montrent un effet cancérogène de l'aspartame. Pour le réseau, les résultats des dernières études témoignent de la nécessité de réévaluer les risques liés à une substance utilisée régulièrement par 200 millions de personnes dans le monde.

L'Association Internationale des Edulcorants conteste et rappelle les différentes évaluations des Agences sanitaires française et européenne qui n'ont pas à ce jour, établi de lien entre aspartame et effets indésirables. « L'allégation d'un groupe de chercheurs danois selon laquelle la consommation de boissons rafraichissantes sans alcool à faible teneur calorique augmenterait le risque d'accouchements prématurés va à l'encontre de toutes les études scientifiques reconnues sur le sujet ». L'ISA va plus loin et met en avant les bénéfices des édulcorants pour la santé qui pourraient contribuer à l'adoption d'« un régime alimentaire sain, à l'apport calorique maitrisé ».

Dans l'attente des résultats de l'évaluation de l'Anses, les données scientifiques existantes nous inspirent, néanmoins, « de mettre la pédale douce » sur la consommation d'aspartame…