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CORONAVIRUS CoV-MERS: Pour l'OMS, une urgence sanitaire mondiale?

Actualité publiée il y a 6 années 6 jours 18 heures
OMS

Un tel Comité d’urgence n’avait pas été réuni depuis la grippe porcine H1N1 en avril 2009. C’est la première fois que l’Organisation mondiale de la Santé motive ce Comité auquel chaque Etat membre doit répondre présent dans les 24 heures, pour faire le point sur le nouveau coronavirus MERS-CoV. Cette initiative extrêmement rare de l’OMS, prise en cas de risque de pandémie et de nécessité éventuelle de réponse internationale coordonnée, appelée techniquement Public Health Emergency of International Concern ou PHEIC n’a cependant aboutit à aucune conclusion.

Quelles sont les conséquences d'un PHEIC ? Derrière l'organisation d'un PHEIC, il y a d'abord une urgence sanitaire considérée comme mondiale par l'OMS, et plus pratiquement, les coûts liés à la convocation de ce comité d'urgence, de communication avec les États membres et surtout la perception du risque par l'opinion publique. Derrière l'organisation de ce comité, il y a donc l'éventualité de considérer MERS-CoV comme une possible urgence sanitaire mondiale.


Le taux de létalité atteint maintenant 56% : Depuis Avril 2012, 80 cas confirmés en laboratoire d'infection humaine à CoV-MERS ont été rapportés à l'OMS. Avec 45 décès, le taux de létalité atteint maintenant 56%, un taux bien supérieur à celui du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) de 2003, proche de 10%.65% des cas confirmés ont un âge médian, d'environ 50 ans. Des transmissions locales sont documentées en France, en Italie, en Tunisie et au Royaume-Uni. Enfin, en une semaine, ce sont 16 nouveaux cas confirmés en laboratoire de Mers-CoV qui ont été rapportés par l'Arabie saoudite dont 8 asymptomatiques, identifiés chez de contacts de cas confirmés.

3 scenarios de transmission sont aujourd'hui envisagés qui précisent les implications en termes de risques et de contrôle. 3 scénarios basé sur les hypothèses de taux de reproduction <1, >1 mais sans autonomie dans la transmission interhumaine et > 1 avec une épidémie auto-entretenue. Aujourd'hui, l'hypothèse retenue serait plutôt une faible transmissibilité du virus, avec un taux de reproduction <1. C'est ce que du moins conclut l'étude de l'Institut Pasteur, publiée récemment dans le Lancet. L'étude aboutit à un taux de 0,69, au maximum (0,60 au minimum), insuffisant à ce stade pour déclencher une épidémie, et à comparer au taux de reproduction de base du SRAS de 0,8.

Le Comité, face au manque de données, sur le mode d'infection, les principaux facteurs de risque d'infection et les facteurs de développement d'une maladie grave n'a pas pris de décision. L'OMS a rappelé aux États membres et aux personnels de santé de poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës sévères (SARI), mais n'a pas recommandé l'application de restrictions de voyage ou de commerce. Une seconde consultation est d'ores et déjà prévue le 17 juillet, afin de préciser d'éventuelles mesures, alors que dès septembre prochain, les premiers pèlerins se rendront à la Mecque.

Sources: WHO MERS-CoV summary and literature update – as of 09 July 2013; WHO guidelines for investigation of cases of human infection with Middle East Respiratory Syndrome Coronavirus (MERS-CoV)- The Lancet 5 juillet 2013 Inter-human transmissibility of MERS-CoV: estimation of pandemic risk

Lire aussi: CoV-MERS: Trop peu transmissible pour déclencher une épidémie?

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