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FIV: 3 parents pour un bébé sans maladie mitochondriale

Actualité publiée il y a 6 années 5 mois 2 semaines
NHS

Le Royaume-Uni sera-t-il le premier pays au monde à offrir aux patients ce choix, pour le remplacement des mitochondries ? Une technique combinée à la fécondation in vitro (FIV), à la pointe à la fois de la science et de l'éthique, car elle utilise le matériel génétique de 3 personnes ou parents. Objectif, éviter la transmission, par la mère, de maladies mitochondriales. Ainsi, si les parents de l’enfant apporteraient tous les gènes sauf environ 1%, qui proviendrait d'un donneur et épargneraient ainsi à l'enfant le risque de maladie.

Les maladies mitochondriales recouvrent de nombreuses pathologies (voir ci-contre) comme certaines maladies cardiaques, maladies du foie, l'absence de coordination musculaire et d'autres maladies graves comme la dystrophie musculaire. Des maladies qui ont toutes ce dénominateur commun, un déficit de la chaîne respiratoire (CR) mitochondriale et entraînent des effets dévastateurs sur les personnes qui en héritent : La quasi-totalité du matériel génétique dans notre corps est contenu dans le noyau de la cellule qui contient 23 chromosomes hérités de notre mère et 23 hérités de notre père. Cependant, il y a également une petite quantité de matériel génétique contenu dans les structures cellulaires appelées mitochondries, qui produisent l'énergie de la cellule. Contrairement au reste de notre ADN, cette petite quantité de matériel génétique est transmise à l'enfant par la mère. Ainsi, les femmes porteuses de ces mutations vont les transmettre à leur enfant, sans aucune influence du père. Et les enfants atteints pourront être sévèrement affectés par un large éventail de symptômes sévères tels que des convulsions, une démence, les migraines, l'insuffisance cardiaque, le diabète et la perte d'audition. Beaucoup d'enfants atteints de maladies mitochondriales ont également une espérance de vie réduite. Ces maladies ont une incidence d'environ 1 sur 5.000 naissances.


Les scientifiques ont mis au point de nouvelles techniques pour éviter la transmission de ces maladies mais doivent attendre de nouvelles réglementations pour les appliquer en pratique clinique. La technique vise à prévenir ces maladies en remplaçant les mitochondries de la mère avec les mitochondries saines d'un donneur, créant ainsi un embryon sain. La technique comporte le prélèvement des noyaux des spermatozoïdes du père et de l'ovocyte de la mère du sperme et de l'ovocyte, donc sans les mitochondries défectueuses, puis l'injection dans un ovocyte provenant d'une donneuse dont on a extrait le noyau mais conservé les mitochondries. Le nouvel embryon contiendra donc l'ADN chromosomique de ses 2 parents, mais les mitochondries du donneur. L'enfant aura ainsi le matériel génétique de 3 personnes, en majorité de sa mère et de son père, mais également un 1% de l'ADN mitochondrial d'un donneur.

Au Royaume-Uni, le débat a été lancé, en septembre 2012, avec l'ouverture de la consultation de l'Agence Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA) qui réglemente l'assistance médicale à la procréation (AMP) et sollicite l'opinion publique sur ce nouveau traitement, le remplacement des mitochondries, mais, dans l'ensemble, l'opinion publique britannique y est favorable, sous réserve de garanties strictes.

Si sur le plan éthique, les questions restent nombreuses -L'enfant pourra-t-il connaître son «troisième parent», la technique pourrait-elle avoir un impact psychologique sur l'enfant, n'est-ce pas le début d'une utilisation trop élargie de ces techniques ?- le Royaume-Uni prépare sa réglementationet le décret autorisant cette « FIV à 3 » pourrait devrait être voté au Parlement en 2014.

Source: NHS UK government backs 'three-parent' IVF (Vignette)

Human Fertilisation & Embryology Authority Debating mitochondria replacement (Visuel)

Lire aussi : AMP: Les britanniques consultés sur une FIV à 3

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