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MICROBIOTE et AUTISME: Ce qui est bon pour les intestins est bon pour le cerveau

Actualité publiée il y a 4 années 6 mois 2 semaines
Microbiota World Summit

C’est une nouvelle perspective sur l'autisme qui nous est présentée ici, dans le cadre du Sommet Mondial sur le Microbiote Intestinal et la Santé (Gut Microbiota World Summit –Barcelone). Car l'autisme est également associé à un dysfonctionnement des intestins et à des modifications du microbiote intestinal. Or des bactéries intestinales bénéfiques offrent la possibilité de restaurer l'équilibre dans les intestins et donc d'améliorer de façon significative certains symptômes psychotiques.

C'est la perspective défendue par le Pr Elaine Y. Hsiao qui fait ici le point des études qui fournissent les preuves venant étayer cette approche prometteuse. Alors qu'environ un enfant sur 80 est atteint de trouble du développement du cerveau, dont certains caractérisés par des déficits dans l'interaction sociale, des difficultés de communication, des modèles comportementaux limités et répétitifs, les approches thérapeutiques restent limitées. De récentes découvertes suggèrent de nouvelles voies impliquant le microbiote intestinal.


C'est une étude sur l'animal qui met ici en lumière les liens étroits entre la composition microbienne, l'état des intestins, le développement des troubles du développement du cerveau et le potentiel thérapeutique lié à cette association.

Avec des intestins qui «fuient», des métabolites nocifs pénètrent dans le sang

Les chercheurs ont injecté à des souris gestantes un virus à ADN créé artificiellement. Cela a activé le système immunitaire des animaux et a transmis le trouble du développement (TED) à leur progéniture. La nouvelle génération de souris a ensuite montré tous les modèles comportementaux typiques du TED : passant moins de temps au milieu d'un espace ouvert que les souris normales, étant plus facilement effrayée par des sons, moins sociable, produisant moins de vocalisations et se raccrochant à des actions stéréotypées. En outre, la composition du microbiote intestinal des souris TED était altérée et la perméabilité de leurs intestins était significativement augmentée comparée à celle des souris saines. Ces «intestins qui fuient » permettent à des substances potentiellement nocives de passer de l'intestin vers la circulation sanguine ».

Des processus similaires chez des enfants souffrant de troubles du développement qui ont souvent des problèmes gastro-intestinaux comme la constipation ou la diarrhée. Ce qui est encore plus remarquable que les modifications dans la population microbienne des souris affectées, ce sont les produits des activités métaboliques des bactéries.

Les chercheurs ont découvert que le sérum des souris atteintes contenait 46 fois la quantité normale d'une molécule appelée sulfate d'éthylphényle 4 (4-EPS), un métabolite des bactéries de l'intestin.

Ce métabolite est chimiquement proche du crésol p, un métabolite intestinal trouvé à des concentrations élevées dans l'urine des enfants autistes.

Une molécule impliquée : Afin d'établir le rôle psychiatrique joué par le 4-EPS, le Pr Hsiao et ses collègues ont administré le métabolite à des souris saines qui, en résultat, ont montré certains symptômes comportementaux similaires à ceux des souris atteintes de troubles du développement. Cela suggère en effet que le 4-EPS et des molécules similaires, qui ont traversé la barrière intestinale, peuvent atteindre le cerveau par le sang et à de fortes concentrations, peuvent influencer le comportement d'une manière anormale.

Quelles options thérapeutiques ?

En se basant sur des anormalités gastro-intestinales et immunologiques observées sur des modèles de souris autistes, les chercheurs ont décidé de tester si le traitement probiotique avec B. fragilis pouvait améliorer les symptômes (B. fragilis est un microbe commensal présent dans les intestins humains sains). De précédentes études ont révélé que le traitement probiotique avec B. fragilis a traité efficacement les anormalités gastro-intestinales et les problèmes immunitaires dans les modèles de souris souffrant de maladie intestinale et sclérose en plaque. L'hypothèse pourrait être confirmée: après avoir traité les souris TED avec B. fragilis leur perméabilité intestinale est augmentée et les niveaux de 4-EPS sont revenus à la normale. Les probiotiques ont probablement refermé les brèches dans l'intestin, permettant au 4-EPS de rester dans l'intestin.

«Des résultats qui révèlent un mécanisme par lequel une bactérie commensale humaine peut améliorer les déficits gastro-intestinaux liés aux troubles du développement et du comportement, associés en particulier à l'autisme". Une approche donc prometteuse qu'il faudra confirmer et adapter à l'Homme.

Auteur : Pr Elaine Y. Hsiao (Institut de Technologie de Californie- Pasadena)

Communiqué 15 mars 2015 du 4ème Sommet Mondial sur le Microbiote Intestinal et la Santé

Référence : Cell 2013 10.1016/j.cell.2013.11.024 Microbiota Modulate Behavioral and Physiological Abnormalities Associated with Neurodevelopmental Disorders

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