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NUTRITION: Les graisses saturées saturent aussi notre cerveau

Actualité publiée il y a 4 années 2 mois 3 jours
Neuropsychopharmacology

Une alimentation riche en graisses peut provoquer de nombreuses maladies dont l’obésité et ses comorbidités, cette étude canadienne nous explique comment certaines graisses vont aussi favoriser des déficiences dans certaines zones du cerveau, en particulier liées à la récompense. La recherche, présentée dans la revue Neuropsychopharmacology identifie précisément un dysfonctionnement du système mésolimbique, qui utilise la dopamine comme neurotransmetteur impliqué dans la fonction du contrôle et donc, a contrario dans les dépendances. Bref, des résultats qui contribuent, une nouvelle fois, à expliquer la dépendance du cerveau aux graisses saturées.

L'auteur principal, Stephanie Fulton de l'Université de Montréal explique que le système cérébral touché est une voie majeure du contrôle et que les connexions impliquées interviennent dans la toxicomanie, et la suralimentation, soit plusieurs formes de dépendance, ainsi que dans les troubles de l'humeur. Bref, des circuits qui « empiètent sur la motivation et l'état mental de bien-être », résume l'auteur. Ces effets d'inhibition de la sensibilité de ce système de récompense sont spécifiques aux graisses saturées, et, dans cette étude à l'huile de palme mais ne sont pas constatés avec des acides gras mono-insaturés comme l'huile d'olive.


L'équipe de recherche a travaillé sur 3 groupes de rats,

- un groupe de contrôle soumis à un régime allégé en graisses comportant des quantités à peu près équivalentes d'acides gras mono-insaturés et saturés,

- le second groupe a reçu une alimentation riche en acides gras mono-insaturés, dont 50% des apports caloriques provenaient de graisses issues de l'huile d'olive,

- le troisième groupe a reçu une alimentation riche en graisses saturées, dont 50% des apports caloriques provenaient de graisses issues de l'huile de palme.

Pour le reste, les 3 régimes étaient équivalents en apports de sucres, de protéines, de matières grasses et les animaux étaient libres de manger à volonté.

Après 8 semaines, les rats avaient encore des poids corporels et des niveaux d'insuline, de leptine (hormone de la satiété) et de glycémie comparables. Ils subissent alors une série de tests biochimiques et comportementaux permettant d'évaluer le fonctionnement de leur système de la dopamine. Cette série d'évaluations révèle une fonction de la dopamine altérée chez les rats du 3è groupe (graisses saturées).

Quelle explication ? Les auteurs suggèrent que cet apport d'acides gras saturés entraîne une réaction de compensation du cerveau qui va chercher intensifier la récompense en recherchant plus de graisses. Un mécanisme analogue à celui de l'addiction aux drogues où, pour obtenir le même niveau de récompense, l'usager doit, au fil du temps, augmenter la dose. Ici, le rat ou l'humain va chercher à consommer plus de matières grasses et de sucre pour obtenir le même niveau de plaisir ou de récompense.

Graisses et perte de contrôle : En conclusion, de manière totalement indépendant du poids corporel de départ, la consommation excessive de graisses saturées a des effets négatifs sur le contrôle de la motivation par le cerveau via le système de la dopamine. L'inflammation du cerveau pourrait être impliquée dans ce processus, expliquent les auteurs, déjà mobilisés sur une nouvelle recherche.

Source: Neuropsychopharmacology July 14, 2015 doi: 10.1038/npp.2015.207 Dampened mesolimbic dopamine function and signaling by saturated but not monounsaturated dietary lipids

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