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OBÉSITÉ, DIABÈTE: Ce neuropeptide Y pourrait limiter le stockage des graisses

Actualité publiée il y a 11 années 2 mois 6 jours
Cell Metabolism

Consommation alimentaire, stockage des graisses corporelles, thermogenèse, dépense énergétique et activité physique, ce neuropeptide Y (NPY) interviendrait bien sur la régulation de toutes ces fonctions. Ce sont les nouvelles données de chercheurs de l'Université John Hopkins (Baltimore) qui suggèrent d’intervenir sur la production de cette protéine du cerveau pour réduire l’appétit, réduire l'apport calorique, mais aussi transformer la composition du tissu adipeux. Des résultats, obtenus dans ce premier temps sur l’animal, publiés dans l’édition du 4 mai de la revue Cell Metabolism qui ouvrent la voie à de nouvelles thérapies pour luter contre le diabète et l’obésité.

Cette recherche a porté sur le rôle d'une protéine du cerveau appelé NPY dans la régulation de l'énergie et le stockage des graisses, chez les rats. NPY est libérée par les neurones dans différentes zones du cerveau, mais les chercheurs se sont tout particulièrement intéressés à NPY libérée dans une région spécifique de l'hypothalamus, la partie du cerveau qui relie le système nerveux au système hormonal et régule un certain nombre de fonctions du corps. En utilisant une technique de génie génétique pour réduire la quantité de NPY libérée, ils constatent que les rats génétiquement modifiés s'avèrent capables de ieux contrôler leur glycémie et ont plus d'adipocytes bruns, qui libèrent l'énergie plutôt que de la stocker. Si les adipocytes blancs mettent en réserve l'excès d'énergie, les adipocytes bruns dissipent l'énergie sous forme de chaleur.


Cette recherche menée sur des rats génétiquement modifiés se penche sur le rôle d'une protéine du cerveau appelée neuropeptide Y (NPY) dans la régulation des cellules graisseuses. Les chercheurs ont utilisé des techniques de génie génétique pour réduire de 50% la production de NPY dans le cerveau des rats. L'effet de cette intervention sur le poids corporel lorsque les rats sont soumis à un régime standard ou, au contraire, à un régime riche en graisses suggère que les rats génétiquement modifiés montrent un gain de poids inférieur d'environ 9% en comparaison des rats témoins.

Les rats génétiquement modifiés avec NPY réduite montrent une meilleure élimination du glucose, ont besoin de moins d'insuline pour réguler leur taux de glycémie, sont moins sensibles à un régime riche en graisses (pas de surproduction d'insuline dans le sang), ont plus d'adipocytes bruns présents dans leurs tissus adipeux. Enfin, un gène, LPCD, qui contrôle l'activité des cellules du tissu adipeux brun est plus actif chez ces rats génétiquement modifiés. Enfin, les rats génétiquement modifiés sont plus actifs que les rats témoins.

L'importance physiologique du neuropeptide Y dans l'hypothalamus dans la régulation de l'énergie est donc démontrée, selon les chercheurs. Le NPY affecterait donc la consommation alimentaire, le stockage des graisses corporelles, la thermogenèse, la dépense énergétique et l'activité physique. C'est donc une cible possible pour de nouvelles thérapies pour lutter contre l'obésité et / ou le diabète.

Source: Cell Metabolism, Volume 13, Issue 5, 573-583, May 4 2011Knockdown of NPY Expression in the Dorsomedial Hypothalamus Promotes Development of Brown Adipocytes and Prevents Diet-Induced Obesity.

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