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PRÉMATURITÉ: Un simple test salivaire avant de passer à l'alimentation orale

Actualité publiée il y a 7 années 6 mois 2 semaines
PLoS ONE

Certains nourrissons sont nourris par la bouche trop tôt. Ces chercheurs du Tufts Medical Center montrent que la présence d'un gène fortement lié à la régulation de l'appétit est largement prédictif de la réceptivité de l'enfant prématuré à se nourrir par voie orale. L’analyse d'une simple goutte de salive pourrait permettre de détecter puis prévenir les problèmes d'alimentation chez de nombreux nouveau-nés prématurés et d’autres complications médicales qui surviennent lors d’une alimentation orale trop précoce. Ces résultats aux fortes implications pratiques, viennent d’être publiés dans l’édition du 21 mai de la revue PLoS ONE.

Le Dr Maron et ses collègues ont ainsi identifié un biomarqueur présent dans la salive, qui indique, à 95%, si le bébé n'est pas encore prêt à s'alimenter oralement. Il s'agit du gène NPY2R, un régulateur connu du comportement alimentaire. Dans cette étude, les chercheurs montrent que les niveaux de NPY2R diminuent dans la salive quand un nouveau-né devient prêt à se nourrir par voie orale.


Surveiller les bébés les plus vulnérables : Nous répondons ainsi à un besoin clinique très important d'évaluation des compétences alimentaires du nourrisson, explique le Pr Jill L. Maron, chercheur à l'Institut de recherche Mère-Enfant de la Tufts. Une alimentation orale trop précoce de l'enfant entraîne de nombreuses comorbidités, qui conduisent fréquemment à des hospitalisations prolongées ou répétées, des complications à court et long terme et à l'anxiété des parents.

Remplacer des méthodes imprécises : Actuellement, les aidants naturels et les parents se basent sur une série de mesures subjectives, telles que l'évaluation de la succion et de la déglutition, pour décider quand passer à l'alimentation orale. L'imprécision de ces méthodes conduit fréquemment à un changement trop précoce avec des complications comme l'étouffement, voire la pneumonie en cas d'inhalation du lait maternel ou artificiel. Un bébé qui souffre de difficultés alimentaires précoces a un risque accru de développer ensuite d'autres troubles de l'alimentation, puis des retards de développement. L'étude précise que plus de 40% des enfants à présenter ces troubles de l'alimentation étaient des prématurés.

Le gène NPY2R a déjà été largement étudié car, régulateur de l'appétit, il joue un rôle dans l'obésité et les troubles alimentaires. Mais son rôle sur la compétence alimentaire, en particulier chez les prématurés, n'avait jamais été évoqué. « Personne n'avait ciblé ce domaine de recherche, car on ne demande pas à un bébé, as-tu faim? » explique le Dr Maron. Alors que les bébés prématurés prennent 3 à 4 fois leur poids de naissance initial durant la première année de vie, son appétit et ses compétences alimentaires doivent être mieux compris. Si l'on peut détecter NPY2R dans la salive des nouveau-nés et donc élaborer un simple test salivaire, de nombreuses complications liées à une transition mal planifiée pourront être évitées.

Un test précieux en unités néonatales de soins intensifs, qui permettra de sécuriser le bon développement du bébé, réduire les comorbidités, rassurer les parents, raccourcir les séjours hospitaliers et faire d'importantes économies en soins de santé.

Source: PLoS ONE published online on May 21 “Neuropeptide Y2 Receptor (NPY2R) Expression in Saliva Predicts Feeding Immaturity in the Premature Neonate” (Visuel Fotolia Santé log PE 5)

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