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PSYCHO: Comment résister à la tentation?

Actualité publiée il y a 9 années 4 mois 1 semaine
Psychological Science

La réflexion pourrait ne pas toujours aider à résister à la tentation car elle est majoritairement orientée par le besoin « viscéral », vers un comportement impulsif ou vers la maîtrise de soi. Pour ne pas succomber à la tentation, plutôt ne pas s'arrêter et ne pas réfléchir, écrivent les auteurs. Des conclusions surprenantes publiées dans Psychological Science, la revue de l'Association for Psychological Science.

C'est une étude de la Northwestern University Kellogg School of Management qui a souhaité analyser deux concepts contradictoires de la littérature. « D'un côté on explique que la tentation déforme notre mode de pensée (cognition) en favorisant un comportement impulsif», explique l'auteur Loran Nordgren. D'un autre, on montre que la tentation déclenche un processus de protection qui favorise l'auto-contrôle. Vous montrez un morceau de gâteau à quelqu'un qui suit un régime, la première pensée est «Je suis au régime, non merci ».


Ces deux concepts, selon l'auteur, laissent de côté un facteur crucial, l'interaction entre la tentation et le besoin « viscéral » de faim, de soif, de désir sexuel, de satiété ou de soif, qui dicte si les mêmes processus cognitifs orienteront le sujet plutôt vers un comportement impulsif ou vers la maîtrise de soi. Les chercheurs ont étudié différents mécanismes cognitifs, dont l'attention et l'évaluation motivée, c'est-à-dire comment nous accordons de l'attention à un « objet » en fonction de la « récompense » à la clé pour comprendre comment la tentation intervient dans ce processus.

1ère expérience: 49 étudiants de sexe masculin engagés dans une relation ont visionné soit un film érotique soit un défilé de mode filmé, plutôt froid… Les auteurs leur ont ensuite montré des images de femmes séduisantes et ont observé combien de temps les participants les regardaient. Une semaine plus tard, la même procédure était renouvelée, mais les participants avaient été informés que ces femmes étaient « disponibles ». Alors les auteurs constatent que les participants les fixent durant plus longtemps. Plus la tentation est forte, moins la fidélité est solide. Les hommes qui avaient observé ces femmes dans les circonstances plus froides d'un défilé, ont observé, au contraire, ces femmes moins longtemps. Plus la tentation est forte, plus le besoin « viscéral est élevé », moins la raison l'emporte.

2de expérience : 53 fumeurs ont été réunis, certains ont fumé avant l'expérience, les autres ont du s'abstenir pendant 3 heures. Puis les deux groupes ont pu retrouver « le plaisir » de fumer, montrant combien ils appréciaient leurs cigarettes. Dans une seconde phase, dans les mêmes conditions, les participants avaient le choix: Soit retarder le moment de fumer pendant 40 minutes et gagner 3 euros soit fumer immédiatement et ne rien gagner. On pouvait s'y attendre- écrivent les auteurs-, les fumeurs non privés durant 3 heures, retardent plus facilement leur prochaine cigarette. Mais ils évaluent le plaisir de fumer moins que la première fois, alors que les fumeurs privés durant « heures, beaucoup plus. Même conclusion. Simple processus d'addiction ?

Un ange (la raison) sur une épaule et le diable (la tentation) sur l'autre ? : "Si nous pensons à la lutte de la raison contre la passion, nous avons tendance à penser que la cognition sert des intérêts de long terme et que la passion sert une gratification/récompense immédiate», explique L. Nordgren. Si le besoin viscéral ou le désir encourage l'impulsivité, il corrompt aussi les processus cognitifs qui pourraient vous aider à interrompre ce comportement, conclut l'auteur. « Avec la tentation et dans un état de besoin viscéral, vous avez le diable sur les deux épaules."

Source: Psychological Science Published online before print October 6, 2011, doi: 10.1177/0956797611418349 « The Push and Pull of Temptation-The Bidirectional Influence of Temptation on Self-Control” (Visuel © Sunny_baby - Fotolia.com)

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