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TABAGISME: Le déni du risque reste le principal ennemi

Actualité publiée il y a 4 années 7 mois 3 semaines
ELCC

De nombreux fumeurs, qui souhaitent arrêter de fumer, prennent, dans un premier temps la résolution de réduire le nombre de cigarettes fumées quotidiennement. Cette étude sans concession de chercheurs de l’Hôpital de Marseille, alerte sur le comportement de «déni» de fumeurs à moitié repentis, des risques réels du tabac. Ces données, présentées à l’European Lung Cancer Conference (ELCC) (Genève), appellent à communiquer toujours et encore sur les dangers du tabac, dès la première cigarette.


L'équipe de Marseille a analysé les données de l'enquête Edifice, un sondage représentatif réalisé auprès de 1.602 Français, âgés de 40 à 75 ans,

· dont 1.463 sans antécédents de cancer,

- dont 33% (481) anciens fumeurs

- dont 24% (330) fumeurs actuels à raison de 14,2 cigarettes/jour.

Les participants ont été répartis par niveau de dépendance (test de Fagerström)

Les chercheurs voulaient vérifier si la perception du risque de cancer lié au tabagisme dépendait des antécédents personnels de tabagisme autrement dit, si la perception du risque était inconsciemment minimisée chez les fumeurs.

L'analyse constate :

· Sur la dépendance : 52% des fumeurs actuels appartiennent au groupe A, 21% à B, 18% à C et 9% à D (dépendance maximum).

· Seule la moitié des fumeurs actuels se considèrent à risque plus élevé de cancer (que le risque moyen en population générale)

· 14% des anciens fumeurs ont la même perception (et c'est aussi le cas de 4% des non-fumeurs)

· 34% des anciens fumeurs se considèrent à moindre risque de cancer (c'est le cas également de 7% des fumeurs actuels)

· Sur l'ensemble de l'échantillon, 34% des répondants considèrent qu'une consommation quotidienne jusqu'à 10 cigarettes n'est pas associée à un risque accru de cancer du poumon.

· Le nombre de cigarettes quotidien considéré comme sans risque est estimé à 1,8 par les anciens fumeurs, à 2 par les non-fumeurs à comparer à 3,4 chez les fumeurs actuels.

· Seule la moitié des personnes interrogées reconnaissent qu'il n'y a pas de tabagisme sûr–quel que soit le nombre de cigarettes fumées.

· moins de 40% des personnes interrogées savent que le risque de cancer ne disparaît pas avec l'arrêt du tabagisme.

Sous-estimation et déni : C'est donc une sous-estimation générale des risques et un déni de l'effet possible, même de quelques cigarettes par jour, qui illustrent, explique le Dr Laurent Greillier de l'Hôpital Nord de Marseille, auteur de l'étude présentée, que « la lutte contre le tabagisme est loin d'être terminée ». « Il semble que les gens soient conscients des dangers du tabac mais considèrent que les risques sont réservés aux autres ».

Dans le communiqué de l'ELCC, le Dr Carolyn Dresler, membre de l'Association américaine d'étude du Cancer du poumon (Association for the Study of Lung Cancer- IASLC), explique que ces résultats valent également à l'échelle internationale. Le déni du fumeur reste un phénomène répandu, ajoute-t-elle, précisant néanmoins que le risque de cancer du poumon est plus fortement dépendant de la durée du tabagisme mais dépend bien évidemment aussi du nombre de cigarettes fumées. Quant au risque de maladie cardiovasculaire, il commence à une cigarette par jour !

Source: ELCC 2015 Smokers Underestimate Risks of a Few Cigarettes et Annals of Oncology 15-18 April, 2015 doi: 10.1093/annonc/mdv128.01 PERCEPTION OF LUNG CANCER (LC) RISK: IMPACT OF SMOKING STATUS AND NICOTINE DEPENDENCE

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