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TOC: Mieux comprendre le développement des comportements compulsifs

Actualité publiée il y a 4 années 11 mois 3 semaines
American Journal of Psychiatry

Les Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) liés à des « ratés » dans le système de contrôle des habitudes du cerveau, telle est la conclusion de cette recherche de l’Université de Cambridge. De nouvelles données, présentées dans l'American Journal of Psychiatry qui révèlent ainsi pour la première fois comment se développent les TOC, et le rôle clé d’une zone du cerveau, le noyau caudé, déjà documentée comme le siège de la régulation et du contrôle des habitudes.

Les Drs Claire Gillan et Trevor Robbins du Département de psychologie de Cambridge ont regardé si les compulsions caractéristiques des TOC sont le résultat d'une hyperactivité du système cérébral "de l'habitude" et non d'obsessions ou de croyances erronées.


Les chercheurs ont scanné les cerveaux de 37 patients atteints de TOC et de 33 témoins sains alors que ces participants devaient appuyer régulièrement sur une pédale pour éviter un léger choc électrique au poignet. Les chercheurs constatent que les patients atteints de TOC parviennent moins facilement à s'arrêter de pédaler, à la fin de l'exercice et présentent durant la tâche une hyperactivité cérébrale dans le noyau caudé, une zone déjà impliquée dans le contrôle des habitudes.

Avec l'habitude, le transfert de contrôle du cortex au noyau caudé : Si de précédentes études d'imagerie avaient déjà établi l'implication du noyau caudé en cas de symptômes de TOC, cette expérience de laboratoire confirme que ces compulsions sont bien causées par ce système de l'habitude du cerveau et non par des obsessions. Mais pas uniquement les TOC, mais toute une gamme de comportements humains qui se traduisent par cette « compulsion » et jusqu'aux addictions dont alimentaires. Tous ces comportements ont en effet en commun la perte de contrôle en particulier du cortex préfrontal qui contrôle le comportement volontaire. Comme ces comportements compulsifs deviennent de plus en plus habituels au fil du temps, notre volonté devient de moins en moins impliquée dans leur contrôle. Il y aurait donc, selon les chercheurs, comme un transfert de contrôle du cortex au noyau caudé.

Intervenir à temps : Certaines habitudes peuvent rendre notre vie plus facile, comme l'automatisation de la tâche de préparation du café au réveil, d'autres vont trop loin et vont prendre le contrôle de nos vies de manière insidieuse, jusqu'à modifier nos priorités (c'est l'addiction) et dans le cas des TOC, nos croyances et nos craintes. Les habitudes répétitives en viennent à dominer l'ensemble du comportement. D'où, dans les cas sévères, une nécessité de recours aux thérapies cognitivo-comportementales voire aux médicaments. Ces nouvelles données suggèrent également l'importance de traiter les TOC rapidement et efficacement avant que le comportement répétitif soit irrémédiablement enraciné.

Source: American Journal of Psychiatry Dec, 2014 DOI: 10.1176/appi.ajp.2014.14040525 Functional Neuroimaging of Avoidance Habits in Obsessive-Compulsive Disorder (visuel © ILYA AKINSHIN - Fotolia.com)

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