Vous recherchez une actualité
Actualités

VACCINATION: Ces vaccins imparfaits qui “fuitent”

Actualité publiée il y a 4 années 2 mois 2 semaines
PLoS Biology

On parle de l’émergence de l’antibiorésistance ou résistance croissante des bactéries aux antibiotiques. Le même phénomène serait possible pour les virus, exposés à des vaccins imparfaits, c’est-à-dire qui protègent l’hôte mais laissent « fuir » quelques souches qui vont transmettre la maladie. C’est l’hypothèse de ces chercheurs américains qui suggèrent que certains vaccins pourraient ainsi favoriser l'évolution vers des pathogènes toujours plus virulents.

Les chercheurs de la Pennsylvania State University et des National Institutes of Health expliquent, exemple à l'appui, que les vaccins qui protègent l'hôte mais sans empêcher la transmission, pourraient permettre aux souches les plus virulentes de se développer et se propager dans une population. Leur exemple ? La vaccination de poulets contre le virus de la maladie de Marek qui aboutit dans les faits à l'émergence de souches plus virulentes. La question, pour l'avenir, va être de déterminer si il y a d'autres types de vaccins utilisés chez les animaux et les humains qui peuvent aussi générer ces risques.


Ces expériences scientifiques avec la souche du virus de l'herpès qui cause la maladie de Marek chez les volailles confirment ici, pour la première fois, la théorie très controversée que certains types de vaccins peuvent permettent la survie de souches de plus en plus virulentes d'un virus. Les chercheurs les appellent des « vaccins "imparfaits »: ces vaccins empêchent bien l'hôte vacciné de tomber malade mais ne préviennent pas la transmission du virus, le virus survit, se diffuse dans une population et devient de plus en plus fort. Les tests sur les poulets montrent que les poulets non vaccinés sont morts, les poulets vaccinés ont survécu mais transmis le virus à d'autres volailles et favorisé ainsi l'émergence de souches virales plus virulentes.

Le principe de la vaccination ne doit pas être pour autant être remis en question : Il n'en reste pas moins, écrivent les auteurs, que «les vaccins contre les maladies humaines sont les interventions de santé publique les moins coûteuses et les plus efficaces que nous n'ayons jamais eues ». Ainsi, les vaccins de l'enfance contre la variole, la poliomyélite, les oreillons, la rubéole et la rougeole protègent l'hôte et empêchent également la transmission du virus.
La question peut néanmoins se poser pour les vaccins de prochaine génération, avec ce risque possible d'émergence de souches plus virulentes. L'auteur principal prend l'exemple d'Ebola et des vaccins en développement qui devraient donc empêcher complètement la transmission du virus sous peine de voir le virus devenir encore plus virulent.

Quoiqu'il en soit, la vaccination « favorisera » toujours la protection des personnes vaccinées, même face à cette émergence possible de virus plus virulents: Ce sont bien les personnes non-vaccinées qui seront les plus exposées, sans aucune protection, à ces souches virulentes.

Source: PLoS Biology July 27, 2015 DOI: 10.1371/journal.pbio.1002198 Imperfect Vaccination Can Enhance the Transmission of Highly Virulent Pathogens

Plus de 50 études sur la vaccination

Lire aussi : VACCINATION: Elle demeure un des fondements de la médecine préventive -

Autres actualités sur le même thème