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ALCOOL: Des excès considérablement sous-estimés

Actualité publiée il y a 6 années 8 mois 2 semaines
European Journal of Public Health

Une sous-estimation d'environ 40% de la consommation d’alcool déclarée, c’est l’hypothèse adoptée par ces chercheurs, à partir des données de ventes, hypothèse qui leur permet de démontrer que la prévalence de la consommation excessive d'alcool est augmentée, dans la réalité des faits d’au moins 20%. Ces conclusions, publiées dans l’édition du 26 février de l’European Journal of Public Health démontrent une sous-estimation certaine de la consommation d'alcool déclarée et suggèrent de tenir compte de ce phénomène de sous-déclaration dans les initiatives de santé publique.

Plusieurs limites à ces conclusions doivent être précisées, même si, globalement, la sous-estimation des prévalences d'excès d'alcool ne peut être mise en doute. Les données utilisées à la base proviennent de 2 grandes études britanniques, elles pourraient ne pas être exactement généralisables à d'autres pays. Ensuite, l'hypothèse d'une sous-estimation moyenne de 40% de sa consommation déclarée est peut-être exagérée. Enfin, le décalage entre les ventes réelles d'alcool et les consommations déclarées pourraient avoir d'autres explications. Cependant, en utilisant cette approche, les chercheurs estiment aujourd'hui que la proportion d'adultes buveurs excessifs en Angleterre est augmentée d'au moins 20% chez les hommes et 28% chez les femmes.


Ces chercheurs de l'University College de Londres précisent qu'il est possible de sous-estimer sa consommation d'alcool, pour plusieurs raisons. Tout simplement l'oubli d'un verre ou deux lorsqu'on consomme de l'alcool régulièrement ou lorsqu'on pratique le binge drinking. Ensuite, lorsqu'on est conscient du caractère excessif de sa consommation, on peut délibérément avoir tendance, par embarras ou mauvaise conscience, à la sous-estimer. Ils rappellent aussi les lignes directrices, soit une consommation quotidienne de 3-4 unités d'alcool par jour pour les hommes et 2-3 pour les femmes.

Les chercheurs ont utilisé les données déclarées des études britanniques General LiFestyle survey (GLF) and Health Survey for England (HSE) 2008 ainsi que les données de ventes d'alcool en Angleterre et ont travaillé sur la base de 3 scénarii de sous-déclaration, une sous-déclaration générale de 40%, une sous-déclaration variable avec le niveau de consommation, et variable avec le type de boisson.

20 unités d'alcool en plus par semaine, dans la réalité : Après ajustement, la consommation réelle se trouve augmentée de 17 à 28 unités d'alcool par semaine chez les hommes et de 9 à 14 unités chez les femmes, par rapport à la consommation déclarée. Ainsi, la prévalence des consommations au-delà des recommandations, augmente de 15% à 20% pour les hommes et de 11% à 28% chez les femmes. Cela signifierait, à partir de ces données britanniques, qu'environ 44% à 52% des hommes et 31% à 56% des femmes consommeraient plus d'alcool que les limites recommandées.

Il est donc essentiel que des recherches plus poussées soient menées sur la sous-déclaration par groupe de population. Au-delà, les politiques de Santé publique et les lignes directrices devraient pouvoir tenir compte, mais comment, de ce phénomène de sous-déclaration. Une question déjà posée dans le cadre de l'obésité, alors qu'environ une personne sur 2 qui ne (re)connait pas son surpoids.

Source: European Journal of Public Health doi: 10.1093/eurpub/ckt016 online February 26 2013 How is alcohol consumption affected if we account for under-reporting? A hypothetical scenario.

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