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CANCER et maladies ophtalmiques: Un anticorps fait régresser leur progression

Actualité publiée il y a 11 années 2 mois 2 semaines
Journal of Experimental Medicine

Faire régresser le développement de vaisseaux sanguins et réduire ainsi la croissance tumorale et résorber certaines pathologies oculaires, ce sont les résultats de cette recherche menée par une équipe de l’Inserm. Ces chercheurs viennent de développer une nouvelle biothérapie qui pourrait ainsi être utilisée pour traiter des cancers et des maladies ophtalmiques associés à une forte angiogenèse. Ces résultats sont publiés dans l’édition en ligne du 11 avril du Journal of Experimental Medicine.

Le développement de nouveaux vaisseaux sanguins (angiogenèse) joue un rôle essentiel dans le développement de plusieurs maladies de l'oeil et dans la croissance des tumeurs dites solides (cancer touchant des organes).


Un récepteur spécifique de l'angiogenèse tumorale: Les chercheurs ont identifié et caractérisé un récepteur appelé CD160 exprimé sur les cellules endothéliales activées qui tapissent les vaisseaux sanguins nouvellement formés, présents dans certaines tumeurs chez l'homme et dans d'autres espèces mais qui n'est pas présent dans les vaisseaux des tissus sains. Ils ont aussi mis en évidence que ce récepteur entraînait la mort cellulaire. Ces observations les ont conduits à tester l'utilisation de ce récepteur comme cible thérapeutique pour bloquer la néovascularisation tumorale mais également celles associées à certaines pathologies oculaires entrainant des pertes de vision.

Sur les cellules cancéreuses: Les chercheurs ayant développé un anticorps monoclonal agoniste ciblé contre ce récepteur pour bloquer la formation de néovaisseaux, sur la souris ayant reçu des cellules cancéreuses hautement agressives, ce traitement par l'anticorps monoclonal, associé à une chimiothérapie, fait régresser la croissance tumorale de façon significative et prolonge la survie. En réduisant le nombre de vaisseaux néoangiogéniques intratumoraux, ce traitement a pour conséquence de réduire les concentrations nécessaires de chimiothérapie.

Sur la cornée (de lapin), en reproduisant des pathologies existantes chez l'homme et en la traitant localement avec l'anticorps anti-CD160, ils observent également une régression de la néovascularisation.
Sur la rétine (de souris), les chercheurs démontrent la régression de pathologies de la rétine associées à un développement vasculaire prolifératif non contrôlé, telle que la rétinopathie de l'enfant prématuré.

Cette nouvelle biothérapie pourrait être utilisée pour traiter des cancers ainsi que des pathologies ophtalmiques associées à une angiogenèse comme la dégénérescence maculaire liée à l'âge, la rétinopathie diabétique et la rétinopathie du prématuré.