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COCAÏNE: Le risque de dépendance se lit dans le cerveau

Actualité publiée il y a 6 années 7 mois 4 semaines
Biological Psychiatry

La consommation de cocaïne ne conduit pas inévitablement à la dépendance, en particulier chez les usagers à forte maîtrise de soi, explique cette étude publiée dans la revue Biological Psychiatry. Les chercheurs de l’Université de Cambridge, montrent en effet une augmentation des zones du cerveau impliquées dans le contrôle de soi et la capacité de décision chez les personnes à faible risque de dépendance à la cocaïne. Même après un usage récréatif sur plusieurs années, ces personnes ne seront pas dépendantes.

On savait déjà que les personnes qui prennent de la cocaïne durant plusieurs années sans devenir dépendantes ont une structure du cerveau nettement différente de celles qui ont développé une dépendance. Cette étude identifie chez ces usagers qui n'ont pas développé de dépendance, une « particularité », une augmentation des zones orbito-frontale et hippocampique, justement la partie du cerveau impliquée dans le contrôle de soi.


Des usagers dépendants, d'autres pas : Le Dr Karen Ersche, auteur principal de l'étude a fait passer à ses participants, usagers de cocaïne sur une base régulière, un scanner du cerveau et une série de tests de personnalité. Parmi les participants, 27 personnes sans risque familial de dépendance consommateurs de cocaïne à des fins récréatives, 50 personnes dépendantes sans frères et sœurs dépendants (n = 50) et 52 volontaires sains (n = 52). La majorité des consommateurs de cocaïne s'avèrent dépendants mais d'autres pas. (Même après une consommation durant plusieurs années).

Les scientifiques constatent chez ces participants non dépendants qu'une région dans les lobes frontaux du cerveau, au rôle critique dans la prise de décision et la maîtrise de soi, est anormalement développée.

Une augmentation des zones de maîtrise de soi antérieure à l'usage de cocaïne ? Les chercheurs suggèrent que cette augmentation anormale du volume de matière grise, qui pourrait être antérieure à l'usage de drogues, reflète la résilience face aux effets de la cocaïne et contribue donner à ces usagers une meilleure maîtrise de soi et la capacité de prendre les décisions critiques pour éviter la dépendance.

Cette même région dans les lobes frontaux du cerveau s'avère réduite de façon significative chez les personnes dépendantes à la cocaïne. Ici, une partie des changements du cerveau, serait, selon les auteurs, le résultat de l'usage de drogues. Des changements, précisent les auteurs qui induisent une plus forte sensibilité, impulsivité et compulsivité.

Des résultats importants car ils montrent que la consommation de cocaïne ne conduit pas inévitablement à la dépendance et la nécessité d'adapter les stratégies de prévention aux personnes les plus à risque, en fonction de leur profil de personnalité et de la structure de leur cerveau.

Source: Biological Psychiatry doi.org/10.1016/j.biopsych.2012.11.016 Distinctive Personality Traits and Neural Correlates Associated with Stimulant Drug Use Versus Familial Risk of Stimulant Dependence

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