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DIABÈTE: Règles précoces et surpoids sont à surveiller chez les filles

Actualité publiée il y a 6 années 7 mois 2 semaines
Hexpress

Le diabète touche aujourd’hui près de 3% de la population. Bien connu de la profession médicale, il n’en reste pas moins une maladie mal maîtrisée et souvent source de complications. Troubles de la vision, complications des nerfs ou des reins, maladies cardiovasculaires, le diabète est la cause de nombreux problèmes de santé y compris de troubles hormonaux chez la femme. Si cet aspect est souvent abordé par le corps médical, en revanche peu d’études sont consacrées au rôle du dérèglement hormonal sur le développement du diabète. Pourtant, le lien est bien réel : plus les menstruations sont précoces, plus il y a un risque futur de développer une pathologie de diabète. Les mécanismes moléculaires de la puberté ont commencé à être identifiés peu à peu durant la dernière décennie et les facteurs déclencheurs restent encore largement inconnus. Mais certaines études chez l'homme ont déjà identifié une association entre la puberté précoce et le risque de diabète de type 2 et de syndrome métabolique (1,2,3,4). L’influence des facteurs environnementaux a également été prise en compte (4). D’autres études ont montré qu’un certain nombre de gènes intervenant sur l'âge de la maturation sexuelle chez les femmes jouaient également un rôle dans la régulation du poids corporel ou sur le métabolisme des graisses (5). La puberté précoce est elle-même associée à des taux accrus de dépression et d'anxiété chez les filles ainsi qu’à des comportements à risque, comme le tabagisme et les expériences sexuelles précoces. D'autres études suggèrent même que de tels problèmes peuvent persister jusqu'à l'âge adulte, avec une qualité de vie dégradée. Puberté, diabète et obésité : L’étude publiée dans le Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism (2) et reprise par l’American Diabetes Association (1) conclut ainsi, sur 253 femmes, que l'apparition précoce de la puberté est associée à des phénotypes métaboliques défavorables dont une sensibilité réduite à l'insuline et une réduction de fonction des cellules β et une masse de graisse centrale plus importante. Une autre analyse du Helmholtz Zentrum München (5) confirme également l’association entre la survenue de prédiabète ou de diabète, et l'âge de la première menstruation sur plus de 1.500 femmes où l'âge moyen des premières règles était de 13 ans. Cette association s’avère indépendante de l’IMC.

A l'université de Cambridge, durant plus de 10 ans, les chercheurs britanniques ont mené une étude (7) sur plus de 16.000 femmes. Ils constatent que les femmes qui ont commencé à avoir leurs règles avant l'âge de 12 ans peuvent avoir un risque accru de 23% non seulement de maladie cardiaque, avec un risque lié de décès augmenté de 28 % mais également un risque accru de cancer. Ces femmes, expliquent les auteurs, dont le Dr Lakshman Rajalakshmi doivent être conscientes aussi de ces risques qui semble être liés en partie à une plus grande quantité de graisse corporelle chez les femmes qui ont eu leurs premières règles de manière précoce (Voir schéma ci-contre).


La surcharge pondérale à l'enfance serait donc également en cause : Ainsi, l'étude de chercheurs de l'Oregon State University, publiée en août dernier dans la revue Frontiers in Endocrinology(3), explique comment l'obésité infantile et le diabète peuvent dérégler la puberté et être responsable de problèmes d'infertilité plus tard dans la vie.

En conclusion, une puberté précoce est prédictive d'un risque de diabète et d'accumulation de graisse corporelle plus tard dans la vie. Plus précoce est l'âge des premières règles, plus le risque de diabète et de graisse corporelle est augmenté à l'âge adulte.

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