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ÉTAT de SANTÉ en France: Trop de mortalité précoce, surtout chez les ouvriers

Actualité publiée il y a 10 années 10 mois 1 semaine
Ministère de la Santé

Les Français sont plutôt en bonne santé mais la mortalité avant l’âge de 65 ans, reste en France l’une des plus élevées de l’UE. Cette mortalité prématurée est l’un des révélateurs des disparités qui marquent ce bilan: A 35 ans, l’espérance de vie d’un cadre est de 6,3 ans plus élevée que celle d’un ouvrier. Ainsi, avec une durée de vie déjà plus courte, les ouvriers vivent en plus un plus grand nombre d’années avec des problèmes de santé. Cette 5è édition du bilan de santé de la population française de la DREES (Études, recherche et statistiques) publié au 29 novembre par le Ministère de la Santé, en collaboration avec l’ANSES, l’AFDPHE, l’AFSSAPS, la CNAMTS, l’INCa, l’INED, l’INPES, l’INSERM et autres institutions, met en avant les grands progrès réalisés mais aussi les disparités flagrantes qui forment, elles-aussi un signe distinctif de l’état de santé des Français.

Disparités entre hommes et femmes, entre territoires ou entre catégories sociales ou groupes de population, liées à des comportements de santé ou à l'inégalité d'accès au système de soins ou encore à l'environnement de vie, ces disparités sont évitables et pourraient être corrigées .


L'état de santé des Français est globalement bon, l'espérance de vie à la naissance (84,8 ans pour les femmes et 78,1 ans pour les hommes en 2010) continue de progresser, avec, en 10 ans, un gain de près de 3 années de vie et un écart qui se réduit entre les hommes et les femmes. Les hommes se sentent en meilleure santé que les femmes, déclarent moins de maladies et recourent moins aux soins.
Chaque âge a ses pathologies, les maladies infectieuses et allergiques dans l'enfance, les pathologies ostéo-articulaires et les troubles psychiques en milieu de vie et les maladies cardiovasculaires chez les plus âgés.
L'état de santé des enfants est lui-aussi globalement bon : Le taux de mortalité infantile a diminué au cours des cinquante dernières années et est dans la moyenne de l'UE. Le surpoids et l'obésité semblent maîtrisés chez les enfants avec un léger recul pour les plus jeunes (5-6 ans), tout comme l'état de santé bucco-dentaire qui s'améliore globalement. Enfin, les accidents de la vie courante restent une cause préoccupante de décès. L'objectif d'une couverture vaccinale d'au moins 95 % est déjà atteint pour les enfants concernant certaines maladies (diphtérie, tétanos, polio, coqueluche) mais doit être améliorée pour la rougeole, les oreillons, la rubéole (ROR) et pour l'hépatite B pour les nourrissons. En revanche, les comportements à risque se développent chez les jeunes.

La fécondité particulièrement soutenue, avec plus de 800.000 naissances par an, est un atout pour la France. Cependant, avec le vieillissement de la première maternité, le nombre de grossesses à risque est en augmentation, les difficultés des femmes à concevoir augmentent, les grossesses extra-utérines et les décès maternels évitables demeurent trop fréquents. Dans le sens « inverse », le nombre d'IVG reste très préoccupant. 6,6 % des naissances vivantes sont prématurées et le taux de prématurité est en légère augmentation.

Ces décès dits précoces, avant 65 ans représentent environ 20 % de l'ensemble des décès et concernent surtout les hommes. Un tiers de ces décès est associé à des causes « évitables » par la réduction des comportements à risque (tabagisme, alcoolisme, conduites dangereuses, suicides etc.). En cause aussi, les cancers, avec les tumeurs malignes du larynx, de la trachée, des bronches et du poumon qui augmentent chez les femmes et ne diminuent que faiblement chez les hommes. Le suicide reste aussi une cause de mortalité « évitable » préoccupante tout comme les accidents de la circulation.

Les conditions de travail ont leurs effets sur la longévité, ou sur la qualité de la vie au grand âge. Les facteurs de pénibilité au travail sont plus fréquents chez les ouvriers et dans les secteurs de l'agriculture et de la construction. En bref, les quinquagénaires ayant connu au moins une exposition à des contraintes physiques ont un risque plus élevé de décès précoce. Ainsi, 35 % des personnes de 50 à 59 ans déclarent avoir été exposées pendant quinze ans ou plus à au moins un facteur de maladie professionnelle.

Position sociale et niveau d'études: À âge et à sexe égal, l'existence et l'importance des problèmes de santé sont d'abord liées à la position sociale et au niveau d'études. Tous les indicateurs, que ce soit l'état général de santé déclaré, la mortalité, la mortalité prématurée, l'espérance de vie, la morbidité déclarée ou mesurée ou le recours aux soins, font apparaître un gradient selon la catégorie professionnelle ou le niveau d'études.

Ce sont souvent les populations, les moins favorisées (faible revenu, peu diplômées), qui cumulent les expositions aux différents facteurs de risque pour la santé, que ce soit dans l'environnement professionnel ou dans l'environnement, qui adoptent des comportements à risque.

Ainsi, l'écart d'espérance de vie à 35 ans entre cadres et ouvriers est de 7 ans pour les hommes et de 3 ans pour les femmes. En outre, plus l'espérance de vie est courte, plus elle est grevée d'incapacités fonctionnelles. Ces inégalités d'espérance de vie se doublent par ailleurs d'inégalités dans le nombre d'années vécues en bonne santé. Ainsi, au sein d'une durée de vie déjà plus courte, les ouvriers vivent un plus grand nombre d'années avec des problèmes de santé. La question de l'accès au système de santé ne peut être éludée. Certains dispositifs de dépistage, de prévention, le développement des permanences d'accès aux soins de santé ou autres dispositifs d'aides à l'accès aux soins pourraient réduire le renoncement de plus en plus fréquent aux soins.

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