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GROSSESSE: Pas de café pour le cerveau du bébé

Actualité publiée il y a 6 années 6 mois 1 semaine
Science Translational Medicine

Consommer du café durant la grossesse a déjà été associé à un risque de faible poids de naissance de l’Enfant. Cette équipe de l’Inserm et de l’Université Aix Marseille décrit pour la première fois un autre effet, sur le cerveau en développement cette fois. Les conclusions, obtenues sur l’animal et publiées dans l’édition du 7 août de la revue Science Translational Medicine, alertent une plus grande sensibilité aux crises d’épilepsie et aux troubles de mémoire.

Les chercheurs rappellent que la caféine est une substance psychoactive, qui modifie donc l'activité des cellules cérébrales. Durant la grossesse, la caféine risque d'affecter aussi le développement cérébral du fœtus. Non seulement la caféine traverse la barrière placentaire, mais l'embryon n'exprime pas les enzymes nécessaires pour l'inactiver. Ainsi, l'OMS suggère actuellement une limite de 300 mg par jour pendant la grossesse et certains pays recommandent une limite maximum de 200 mg, ce qui peut représenter moins d'une seule tasse de café. De plus, les fœtus et les bébés ne sont pas capables de bien métaboliser la caféine. (Même durant l'allaitement, la consommation de la mère peut conduire à une accumulation de caféine chez l'enfant qui peut entraîner des troubles de l'humeur).


L'étude a porté sur la souris femelle pendant la gestation et sur le cerveau de leur descendance.

Les chercheurs l'Inserm ont reproduit chez des souris femelles une consommation de café régulière, équivalente à 2-3 cafés par jour chez l'Homme et tout au long de la période de gestation jusqu'au sevrage. Ils constatent une sensibilité accrue des bébés souris aux crises d'épilepsie puis, au stade adulte d'importants problèmes de mémoire spatiale.

Comment la caféine affecte le cerveau en construction : Pendant le développement cérébral, certaines cellules spécifiques libèrent un neurotransmetteur, GABA puis migrent vers l'hippocampe, une région cérébrale impliquée dans les processus de mémorisation. La caféine ralentit la migration de ces neurones en se fixant à un récepteur particulier (A2AR). Un retard qui se répercute ensuite durant tout le processus de développement.
Cette démonstration des effets néfastes de l'exposition à la caféine sur le cerveau en développement, menée sur la souris, pose néanmoins la question de la consommation de café chez la femme enceinte, dont les effets devront être précisés par de nouvelles études longitudinales, et en prenant en compte l'ensemble des sources d'exposition possibles.

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