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HÔPITAL: La prévention du risque médical passe aussi par la culture organisationnelle

Actualité publiée il y a 5 années 10 mois 2 semaines
Journal of American College of Surgeons

La culture organisationnelle de l'hôpital s’avère critique dans l'amélioration des résultats chirurgicaux et la réduction du risque médical, souligne cette étude de la John Hopkins. Les conclusions, présentées dans le Journal of American College of Surgeons, montrent toute l’importance de facteurs non techniques dans la qualité et la sécurité des soins apportés aux patients, dont, en particulier, la capacité et la volonté des équipes d'apprendre des erreurs du passé.

Pour optimiser les résultats en chirurgie, les établissements ont plutôt tendance à se concentrer sur des questions techniques et des check-lists, indispensables certes, mais insuffisantes, expliquent ces chercheurs de l'Université John Hopkins (Baltimore). Les facteurs non-techniques sont tout aussi importants, et, parmi ces facteurs, la « culture de sécurité » de l'établissement pèse lourd sur la sécurité des soins. Précisément la culture de sécurité de l'hôpital est définie ici comme « l'ensemble des caractéristiques organisationnelles visant à délivrer le meilleur soin », une combinaison d'épanouissement (vs épuisement professionnel) des personnels, de perceptions de la direction, de continuité des soins et de liberté d'expression des personnels.


L'étude a évalué 12 facteurs participant à la culture de sécurité de l'établissement à partir de l'analyse des taux de complications et d'infection du site opératoire (ISO) après chirurgie du côlon, dans 7 hôpitaux du Minnesota, de 168 lits en moyenne.

· Les taux d'infection du site opératoire post-chirurgie variaient de 0 à 30% autour d'une moyenne de 11,3%,

· Les scores de culture de sécurité des blocs, évalués sur la base des différents critères regroupés dans le questionnaire de l'Hospital Survey on Patient Safety Culture variaient de 16 à 92 sur une échelle de 100 points.

Parmi les 12 facteurs de culture de sécurité évalués,

Ø 10 facteurs influencent, de manière significative, les taux d'ISO après chirurgie du côlon :

1. les perceptions globales des soignants, sur la sécurité des patients,

2. le travail en équipe entre différents services ou unités de soins;

3. l'apprentissage de l'organisation,

4. le retour d'expérience sur l'erreur et son analyse,

5. le soutien du management à la gestion de la sécurité des patients;

6. le travail d'équipe au sein des unités;

7. la liberté de communication;

8. les attentes des cadres en matière de sécurité;

9. la réponse non punitive à l'erreur;

10. la fréquence des rapports.

Ø 2 facteurs n'impactent pas les taux d'ISO :

1. Les transferts de patients d'une équipe/unité de soins à une autre (ex : de la salle de réveil à un service de l'hôpital) et les relèves d'équipes de soins infirmiers,

2. Les ressources en personnels soignants (staffing).

C'est sur le facteur « retour d'expérience sur l'erreur et analyse », que la variation entre hôpitaux est la plus importante, et sur le travail d'équipe que la variation est la plus faible (et globalement sur un score moyen). Cependant 3 facteurs pèsent lourds dans la plupart des établissements couverts par l'étude : cette capacité et cette volonté d'apprendre des erreurs du passé, le degré élevé d'intérêt, chez le management et les personnels, à adopter les bonnes pratiques et la collaboration de tous pour atteindre un objectif de performance en matière de sécurité. La culture de l'organisation est donc tout aussi essentielle que les protocoles plus techniques, pour la prévention du risque et la qualité médicale.

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