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La SOLITUDE, facteur de stress chronique et de dysfonctionnement immunitaire

Actualité publiée il y a 6 années 10 mois 4 semaines
Society for Personality and Social Psychology

Ces recherches, menées à l'Ohio State University, soutenues par les Natuional Instututes of Health (NIH) et présentées à la Réunion annuelle de la Society for Personality and Social Psychology, lient la solitude à un dysfonctionnement du système immunitaire et confirment donc l'effet biologique néfaste de la solitude sur la santé, un effet pouvant entraîner le développement de nombreuses maladies.

Les chercheurs constatent une production plus élevée de protéines associées à l'inflammation en réponse à un stress aigu chez les personnes isolées vs celles qui ont des relations sociales normales. Ces protéines qui signalent la présence d'une inflammation chronique sont associées également à de nombreuses maladies dont les maladies coronariennes, le diabète de type 2, l'arthrite et la maladie d'Alzheimer, ainsi que qu'à la fragilité et au déficit fonctionnel qui peuvent accompagner le vieillissement.


Lisa Jaremka, de l'Ohio State University et auteur principal de l'étude, a mesuré, avec son équipe, le degré de solitude, à l'aide d'une échelle développée à l'UCLA, d'un groupe sain d'adultes d'âge moyen et d'un groupe de 200 femmes, âgées de 51 ans en moyenne, survivantes d'un cancer du sein. Son équipe a ensuite mesuré les niveaux d'anticorps dans le sang produits lorsqu'un virus de l'herpès est réactivé, pour obtenir un aperçu du comportement du système immunitaire chez ces participants. Le virus de l'herpès, le cytomégalovirus, pris en compte dans l'étude, est dormant chez une majorité d'individus, ce qui entraîne des niveaux d'anticorps, plus ou moins élevés.

La solitude, facteur de stress chronique et de dysfonctionnement immunitaire : Les chercheurs constatent des niveaux plus élevés d'anticorps contre le cytomégalovirus chez les participants les plus solitaires et ces niveaux d'anticorps plus élevés étaient associés à plus de douleur, de dépression et de symptômes de fatigue. La réactivation de ce virus latent est connue pour être associée au stress, ajoutent les auteurs, ce qui suggère que la solitude est un facteur de stress chronique qui entraîne une réponse immunitaire mal contrôlée. Des études précédentes avaient déjà suggéré que le stress peut favoriser la réactivation de ces virus de l'herpès, entraînant également des niveaux d'anticorps élevés.

La solitude favorise la production de protéines pro-inflammatoires : Dans une autre série d'études, les scientifiques ont regardé comment la solitude peut affecter la production de protéines pro-inflammatoires, les cytokines, en réponse au stress, auprès de 144 femmes du même groupe de survivantes du cancer du sein et d'un groupe de 134 adultes d'âge moyen obèses mais sans autre problème de santé majeur. Les participants ont été soumis à un stress, leur système immunitaire a été stimulé par lipopolysaccharide (LPS), un composé des cellules bactériennes connu pour déclencher une réponse immunitaire. Les personnes à niveau élevé de solitude présentent aussi des niveaux plus élevés d'une cytokine, appelée interleukine-6 ​​ou IL-6, en réponse au stress aigu. Chez les adultes en bonne santé, une autre cytokine, le facteur de nécrose tumorale-alpha (TNF-alpha), augmente également plus fortement chez les personnes les plus solitaires. Chez les participantes survivantes d'un cancer du sein les plus solitaires, ce sont les niveaux de la cytokine interleukine 1-bêta (IL-1β) qui augmentent également. 2 études donc qui montrent des niveaux d'inflammation plus élevés chez les personnes solitaires.

Source: SPSP Abstracts Loneliness and Immune Dysregulation: A Psychoneuroimmunological Approach (Visuel © Ch.Allg - Fotolia.com)

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