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OGM: Les raisons de la controverse

Actualité publiée il y a 6 années 12 mois 3 jours
Food and Chemical Toxicology

Un type de rats utilisés dans l'étude (rats Sprague-Dawley) connu pour avoir un risque élevé de développer des tumeurs, un groupe de rats témoins trop réduit, une méthode d'analyse statistique iménétrable… autant d’objections à l’encontre de la méthodologie adoptée par Gilles-Eric Séralini, Professeur de biologie à l’Université de Caen, pour son étude qui suggère un risque accru de cancer et de décès avec la consommation de maïs transgénique. Controverse également sur l’auteur, décrit par certains comme un militant anti-OGM et soupçonné par d’autres de conflit d'intérêts, étant donnée la publication prochaine de son livre sur les dangers potentiels des aliments OGM. L’étude a été menée sur une durée de 2 ans sur 200 rats (100 de chaque sexe) répartis en 10 groupes. · 3 groupes avec mâles et femelles ayant reçu différentes concentrations de maïs OGM 11%, 22% ou 33%, · 3 groupes nourris également de maïs transgénique 11%, 22% ou 33%, mais traité avec l'herbicide Roundup, · 3 groupes nourris de maïs non transgénique mais ayant reçu des concentrations variables de Roundup dilué dans l'eau (3 dilutions différentes, à partir de 0,1 partie par milliard dans l'eau), mais, selon les auteurs, à une dose inférieure aux niveaux autorisés par les autorités réglementaires, · 1 groupe témoin de 20 rats (10 mâles et 10 femelles) nourris de maïs non transgénique.

Chaque groupe a reçu sa ration quotidienne pendant 2 ans. Les chercheurs ont analysé des échantillons de sang, d'urine, pris le poids des animaux et les ont examinés 2 fois par semaine. - Les mâles témoins ont survécu en moyenne 624 jours, les femelles témoins en moyenne 701 jours. Dans le groupe témoin, 3 mâles (30%) et 2 femelles (20%) sont décédés. - Dans les groupes « OGM », o 50% des mâles et 70% des femelles sont mortes prématurément, avant l'espérance de vie moyenne. o Les taux de mortalité ne semblent pas être doses dépendants de la concentration de maïs génétiquement modifié dans l'alimentation. o Les premiers rats à mourir, mâles ou femelles ont développé des tumeurs : Les femelles, de larges tumeurs mammaires et des tumeurs de l'hypophyse plus précocément que les témoins. Les mâles de grosses tumeurs palpables, également. o Les chercheurs constatent aussi une incidence plus élevée des maladies rénales et hépatiques chez ces rats nourris au maïs transgénique. Des objections ? - Un groupe témoin trop limité en nombre ? Dans la plupart des études cas-témoins, la répartition est certes généralement, 50-50. Alors que les auteurs concluent que les rats ayant reçu une alimentation « OGM » sont morts précocément vs les rats témoins, la faiblesse du groupe de contrôle suggère pour d'autres scientifiques, que le résultat pourrait être lié…au hasard. Si cette étude sur l'effet des OGM est celle qui a porté sur le plus grand nombre de rats, il n'y avait que 10 mâles et 10 femelles dans chaque groupe. - Une race de rat à risque élevé de développer des tumeurs ? Cela signifierait que la plupart des rats des groupes OGM auraient pu développer des tumeurs de toute façon. - Une méthode d'analyse statistique complexe et impénétrable ? Cette méthode fera l'objet très probablement d'une contre-expertise. - Le Professeur Séralini est une figure controversée en France, après avoir publié plusieurs livres sur les dangers potentiels des aliments transgéniques et certains font valoir que sa recherche est motivée par une volonté politique, anti-OGM. Sa remise en question du sérieux des évaluations de l'Agence européenne de sécurité sanitaire, l'EFSA, renforcée par une position nationale fondée sur le principe de précaution des autorités françaises, attise les objections de l'étranger. Enfin, le fait que son étude se soit déroulée dans le plus grand secret, sans information de la communauté scientifique, agace. Enfin, pour avoir un accès sous embargo à l'étude, les journalistes ont dû signer, selon le NHS, un accord de non-divulgation, ce qui est inhabituel. Il reste à rappeler que les humains sont biologiquement différents des rats et que si la durée de vie d'un rat est celle de l'étude, soit environ 2 ans, il reste périlleux de faire un rapprochement direct avec la durée de vie et l'exposition des humains. Si les conclusions de l'étude suscitent ainsi de vives critiques de certains membres de la communauté scientifique internationale, essentiellement pour ces raisons de méthodologie, l'étude permet de relancer le débat sur les niveaux de sécurité des aliments transgéniques et les effets des herbicides dans l'alimentation.


Source: Food and Chemical Toxicology online September 19 2012 doi.org/10.1016/j.fct.2012.08.005 Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize (Visuel Montsanto)

Lire aussi: OGM en UE: Un maïs transgénique cancérigène et mortel chez le rat

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