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SOMMEIL: Sa privation restreint le champ de décision

Actualité publiée il y a 4 années 4 mois 1 semaine
Sleep

Ces scientifiques du Centre de recherche sur le sommeil de l'Université de Washington montrent, une nouvelle fois, qu’une privation de sommeil perturbe la prise de décision, et, tout particulièrement la capacité de rétroaction, c’est-à-dire de révision ou d'adaptation de la décision sur la base de l’évaluation de l’évolution du contexte et des conséquences possibles de la décision. Conclusions dans la revue Sleep.

Une précédente étude de l'Université de Duke avait montré par IRMf que prendre des décisions en état de manque de sommeil peut conduire à trop d'optimisme et de prise de risques. Une seule nuit de privation de sommeil peut entraîner en effet une diminution de l'activité des zones cérébrales qui gèrent les données négatives ou risques. Cette expérience de laboratoire conçue pour simuler les effets de la perte de sommeil sur les étapes essentielles de la prise de décision apporte un nouvel éclairage.


Il s'agissait d'abord de recréer en laboratoire une situation qui simule la nécessité de prendre une décision, comme dans la vraie vie. Ce type d'expérience a tendance à aboutir à des effets minimisés par rapport à la réalité, explique Paul Whitney, professeur de psychologie. «Notre objectif était de « capturer » les éléments essentiels de la prise de décision dans le monde réel ».

Cependant, dans la vraie vie, la prise de décision est un processus dynamique qui nécessite l'estimation de l'évolution possible du contexte et la réflexion sur les conséquences de ses actions, ces 2 tâches pouvant mener à la « rétroaction » c'est-à-dire à revenir sur sa décision.

26 bénévoles en bonne santé ont été privés durant 62 heures de sommeil tandis que le groupe témoin pouvait se reposer et dormir à volonté. Pendant 6 jours et 6 nuits, les participants sont restés en laboratoire où ils ont dû effectuer des tâches d'apprentissage spécialement conçues pour tester leur capacité à utiliser la rétroaction pour guider leurs futures décisions. La tâche constituait à reconnaître à partir d'une série de chiffres pré-affectés à être associés soit à un « go », soit à un «no go», chaque identification correcte entraînant une récompense monétaire fictive, chaque erreur, une perte d'argent fictive. L'affectation des « go » et «no go» évoluait au fil des expériences.

Sur la mémorisation des bons et mauvais numéros, le groupe privé de sommeil fait rapidement 100% de taux d'erreurs.

Le manque de sommeil semble tout simplement priver le cerveau de mémoire, d'évaluation et de décision. Des résultats qui rappelent l'importance du sommeil pour l'apprentissage et le "repos" du cerveau. Les conséquences sont évidentes dans des contextes ou des fonctions, médicales, juridiques ou financières où la sécurité vs la prise de risque est primordiale ou encore, dans les situations de crise.

Source: Sleep May, 2015 DOI: 10.5665/sleep.4668 Feedback Blunting: Total Sleep Deprivation Impairs Decision Making that Requires Updating Based on Feedback (Visuel Fotolia)

Lire aussi : SOMMEIL : La privation de sommeil favorise la prise de risques

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