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STRESS SOCIAL: Vaut mieux ne pas manquer de sérotonine

Actualité publiée il y a 5 années 5 mois 6 jours
PNAS

Car les cerveaux les plus vulnérables au stress social sont ceux qui sont déficients en sérotonine, une substance chimique essentielle, produite par le cerveau et également impliquée dans la dépression clinique. Ces chercheurs de la Duke University, en montrant cette association entre vulnérabilité au stress et sérotonine ont probablement trouvé une voie thérapeutique pour soulager la dépression résistante aux traitements. Conclusions dans les Actes de l’Académie des sciences américaine (PNAS).

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Le Pr Marc Caron, professeur de biologie cellulaire et auteur principal de l'étude rappelle que si les causes exactes de la dépression ne sont pas claires et que la sérotonine a déjà été impliquée dans la dépression, cette étude précise comment la carence en sérotonine peut affecter la sensibilité à certains types de stress. Son étude va ainsi contribuer à expliquer pourquoi certaines personnes atteintes de dépression ne répondent pas à un type d'antidépresseurs courants, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Enfin, elle ouvre également plusieurs stratégies thérapeutiques à explorer pour la dépression résistante aux traitements.


Dans cette expérience, des souris génétiquement déficientes en sérotonine, ayant des niveaux de l'ordre de 20 à 40% des niveaux normaux, s'avèrent plus vulnérables que leurs congénères normales aux stresseurs sociaux et ne répondent pas à un antidépresseur standard, la fluoxétine (Prozac), qui fonctionne en augmentant la transmission de la sérotonine entre les neurones. Ces souches de souris transgéniques appelées Tph2KI sont de plus, porteuses d'une mutation extrêmement rare déjà identifiée chez un petit groupe de personnes souffrant de dépression majeure.

Des niveaux insuffisants de sérotonine apparaissent donc comme un facteur de développement de la dépression en réponse à certains types de stress, dont le stress psychosocial :

Le rôle de la sérotonine : Car c'est bien le type de stress auquel les chercheurs ont soumis leurs souris, en les enfermant dans la même cage qu'une autre souris étrangère et agressive, brièvement chaque jour pendant 7 à 10 jours. Puis les scientifiques ont regardé si les souris stressées l'étaient toujours en cas d'interactions avec une souris familière. Si une semaine de stress social ne s'avère pas suffisant pour développer des signes de dépression chez les souris normales, c'est bien le cas chez les souris Tph2KI déficientes en sérotonine.

Et lorsqu'on les traite au Prozac® durant 3 semaines, le traitement atténue bien les symptômes de dépression chez les souris normales, mais pas chez les souris transgéniques.

Le rôle de l'habenula latérale : Cette zone est connue comme une région «punition» du cerveau parce que ses neurones sont actifs en l'absence de récompense pourrait bien, en cas d'hyperactivité, être la zone de déclenchement de la dépression. Car lorsque les chercheurs inhibent, à l'aide d'un médicament, l'activité des neurones de l'habenula, le comportement d'évitement social s'inverse chez les souris « dépressives ».

Cibler l'habenula latérale pourrait donc, aussi, être une voie thérapeutique prometteuse pour le traitement de la dépression résistante : « Désactiver cette zone du cerveau d'une manière relativement non invasive pourrait présenter un meilleur potentiel thérapeutique », ajoutent les auteurs.

Le rôle de la molécule de signalisation β-caténine : Cette molécule, produite chez les sourus normale, mais pas chez les souris «Tph2KI » apparaît comme la 3ème cible thérapeutique identifiée avec cette étude. Car les facteurs de stress social n'ont pas le même impact lorsque la molécule de signalisation β-caténine est bien produite dans le cerveau.

En conclusion, 3 résultats majeurs : la carence en sérotonine, l'hyperactivité de l'habenula latérale et l'absence de β-caténine sont impliquées dans le développement d'un trouble anxieux en cas d'exposition au stress social.

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