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SUICIDE: La crise décime les hommes jeunes

Actualité publiée il y a 5 années 2 mois 3 semaines
BMJ

La crise économique amorcée en 2008 serait à l'origine de milliers de suicides « supplémentaires » dans le monde, révèle cette grande étude menée sur 54 pays de tous continents. Ainsi, en 2009, avec la hausse mondiale de 37 % du chômage et la baisse de 3% du PIB par habitant, le taux de suicide masculin a progressé de 3,3%, entraînant un excès de 5.000 décès. Ce bilan, extrêmement lourd, qui semble néanmoins épargner les femmes, est publié dans le BMJ du 18 septembre et appelle à une prise en compte et une action urgente des gouvernements.

En synthèse, la crise économique mondiale pourrait être directement responsable de l'augmentation du taux de suicide dans les pays européens et américains, en particulier chez les hommes, les jeunes en Europe et dans les pays ayant des niveaux élevés de pertes d'emplois.


Le chômage, un fardeau aussi sanitaire : En 2008, l'Organisation internationale du travail estimait pour 2009 à environ 212 millions le nombre de chômeurs dans le monde, soit une augmentation de 34 millions vs à 2007. L'Organisation mondiale de la Santé a déjà indiqué le risque d'impact de la crise sur la santé mondiale, en particulier parmi les populations pauvres et vulnérables. Cette étude, la première à examiner les tendances internationales du suicide, basée sur les dernières données disponibles de l'OMS, des US CDC, du FMI…, provenant de 54 pays, a évalué l'évolution des taux de suicide suite à la crise de 2008, selon le sexe, l'âge, le pays et le taux de chômage.

L'Europe, particulièrement touchée : Les chercheurs des universités de Hong Kong, Oxford et Bristol ont d'abord évalué les tendances et estimé le nombre prévu de suicides sur la base des précédentes tendances de 2000. Leur analyse centrée sur 2009 montre,

· une hausse de 37 % du taux de chômage et une baisse de 3% du PIB par habitant en 2009,

· cette hausse du chômage en 2009 et 2010 est constatée dans tous les pays européens,

· aux Etats-Unis et au Canada cette hausse s'amorce dès 2008, suivie par une augmentation spectaculaire en 2009-10.

· Dans le même temps, en 2009, le taux global de suicide masculin augmente de 3,3 %, représentant pour cette année-là, un excès de 5000 suicides chez les hommes dans les 54 pays étudiés.

· Ces augmentations sont principalement observées dans les 27 pays européens (4,2%) et 18 états d'Amérique (6,4%) étudiés.

· La plus forte augmentation en Europe est observée chez les hommes âgés de 15 à 24 ans, et les plus âgés sur le continent américain.

· L'étude ne constate pas de changement dans les taux de suicide chez les femmes européennes, et une petite augmentation chez les femmes américaines.

· La Nouvelle Europe (Bulgarie, République tchèque, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Roumanie et Solvénie) montre la plus forte augmentation du taux de suicide chez les hommes (13,3%) au sein de l'Europe.

En Europe, les hommes de 15 à 24 ans sont particulièrement touchés : Les données disponibles pour 2010 de 20 pays européens montrent encore une hausse de 10,8% du taux de suicide chez les hommes et une hausse de 4,8% chez les femmes. La plus forte augmentation est constatée chez les hommes âgés de 15 à 24 ans. En revanche, le taux commence à diminuer, de 6,2% et 8,3% dans 9 neuf pays non-européens. En France, le taux de suicide est « dans la moyenne ».

« Une hausse marquée des suicides suite à la crise économique mondiale de 2008 » : L'association du taux de suicide avec l'ampleur de l'augmentation du chômage, en particulier chez les hommes et dans les pays qui avaient les plus faibles niveaux de chômage avant la crise, est ici confirmée. Les auteurs parlent de sous-estimation, très probable, du véritable impact de la crise économique sur le suicide alors que certains pays touchés, comme l'Australie et l'Italie, n'ont pas été inclus dans leur étude. Ils font remarquer que l'augmentation du nombre de suicides n'est qu'une manifestation de la détresse émotionnelle causée par le ralentissement économique. Car les tentatives de suicide non mortelles, 40 fois plus fréquentes que les suicides, auraient, elles-aussi, progressé.

Plusieurs autres études ont ainsi suggéré l'augmentation de la prévalence de la dépression ou de l'anxiété avec la crise économique, en particulier chez les personnes à emplois précaires. L'étude appelle donc à «l'action urgente » sur le marché du travail pour compenser l'impact de la récession sur le suicide.

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