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TRAVAIL POSTÉ: Quel impact sur les résultats de santé

Actualité publiée il y a 4 années 12 mois 1 jour
NHS-HSCIC

Un travail à horaires variables est plus rarement un choix qu’une nécessité économique. Cette grande enquête de Santé britannique, présentée par le National Health Service confirme que le travail posté, corrélé à des rythmes circadiens perturbés est associé à des taux plus élevés d'obésité et de problèmes de santé. Les principaux effets du travail posté : un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé et une incidence accrue des maladies chroniques, comme le diabète. Mais aussi fréquemment, le stress et l’anxiété associés à la difficulté de joindre les deux bouts.


Le rapport, réalisé par le Health & Social Care Information Centre, un organisme à mission d'information santé pour utilisation par le système de santé britannique, porte sur des données sur le mode de travail effectué (en équipes, posté, à quel fréquence…) recueillies par entretiens auprès d'un échantillon de participants âgés de 16 ans et plus, représentatif de la population.

Le type de travail posté a également été renseigné. Les participants ayant déclaré un travail posté « la plupart du temps» ou «occasionnellement» ont été regroupés dans le groupe « travail posté », les autres participants, dans un groupe témoin. Les chercheurs, tout en prenant en compte le facteur âge, ont ensuite comparé un certain nombre de résultats de santé entre les 2 groupes.

Sur un plan sociodémographique :

· les hommes sont plus susceptibles que les femmes d'effectuer un travail posté. C'est le cas de 33% des hommes et de 22% des femmes interrogés.

· ce mode de travail est plus fréquent dans le groupe d'âge 16-24 ans, puis diminue avec l'âge pour les hommes comme pour les femmes. Ainsi, Près de la moitié des hommes et plus d'un tiers des femmes jeunes effectuent un travail à horaires variables,

· la prévalence du travail posté varie avec le revenu du ménage : Elle est plus élevée en cas de faibles revenus.

Sur les résultats de santé :

· Les hommes et les femmes qui travaillent à horaires variables sont plus susceptibles d'avoir une santé « passable » ou mauvaise.

· d'être en congé-maladie de longue durée,

· de souffrir d'obésité,

· plus largement d'avoir un IMC plus élevé et un tour de taille plus important,

· d'être atteint de diabète (10% des hommes et des femmes dans le groupe « posté » vs 9% et 7% respectivement dans le groupe témoin).

· le tabagisme est plus fréquent également dans le groupe « posté » : 28% des hommes ayant un travail posté fument vs 23% des hommes du groupe témoin. Pour les femmes, les chiffres sont encore plus éloquents : 26% vs 15%.

· En revanche la consommation d'alcool semble légèrement inférieure en cas de travail posté, en particulier parce que le travail de nuit rentre dans cette catégorie.

· Mais le régime alimentaire est globalement moins équilibré, en cas de travail posté : Ainsi, la consommation quotidienne de fruits et de légumes est plus faible soit une moyenne de 3,3 et 3,6 portions pour les hommes et les femmes à horaires variables vs 3,6 et 3,8 respectivement.

Plusieurs explications ressurgissent, dont la perturbation de l'horloge biologique ou rythmes circadiens, déjà associée, par de nombreuses études au risque de troubles métaboliques. Son impact est fondamental sur notre santé et son dérèglement en cause dans de nombreuses maladies, métaboliques, cancers ou troubles psychiques et, plus directement aux troubles du sommeil et à la fatigue chronique. Cette perturbation a aussi été associée au dérèglement de la production d'insuline, ce qui peut accroître le risque de développer un diabète de type 2.

Le manque persistant de sommeil a lui aussi été associé à de nombreuses maladies comme l'obésité, la dépression, le diabète ou encore les maladies cardiaques.

Enfin, comme le montre l'analyse sociodémographique, les travailleurs postés sont aussi les plus à faibles revenus avec une propension accrue à fumer et à une mauvaise alimentation.

« Enfin, il y a aussi le stress et l'anxiété associés à la difficulté de joindre les deux bouts ».

Sources: NHS Shift workers more likely to report poor health

et Health & Social Care Information Centre December 2014 Shift Work

Plus d'études sur l'Horloge biologique, les Horaires décalés , le Travail de nuit

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