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VARIOLE: Faut-il achever les virus ou les recherches?

Actualité publiée il y a 4 années 7 mois 2 semaines
PLoS Pathogens

Détruire les derniers stocks de virus de variole ? La prochaine Assemblée mondiale de la Santé devra en décider en 2014, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’y était déjà engagée en mai 2011. Ou faut-il aller plus loin dans les recherches sur le virus, comme le recommandent certains virologues et retarder la destruction des derniers virus ? Dernière prise de position dans la revue PLoS Pathogens.

Le virus de la variole, de la famille des orthopoxvirus est unique car c'est le seul agent pathogène à transmission exclusivement inter-humaine. Les facteurs viraux et de l'hôte responsables de cette exclusivité demeurent inconnues. Eradiqué en 1980, ce pathogène humain est un symbole de succès en Santé publique, qui, en raison de ce succès n'est plus depuis un objectif prioritaire de recherche. 2 laboratoires de l'OMS possèdent encore des souches du virus variolique, un en Russie et un aux Etats-Unis (CDC), sa conservation étant aussi motivée par la crainte d'une diffusion intentionnelle du virus…


Le programme de recherche sur le virus n'est pas encore achevé : C'est l'opinion de ce groupe international de scientifiques dirigé par Inger Damon, des US Centers for Disease Control and Prevention, qui plaide aujourd'hui contre cette destruction au nom de questions scientifiques cruciales toujours non résolues. Ainsi, plusieurs nouveaux vaccins (IMVAMUNE et LC16m8) contre la variole pourraient, si autorisés, venir se substituer, avec des garanties plus élevées de sécurité, à ceux aujourd'hui utilisés. Deux nouveaux candidats-médicaments (ST- 246 ou Tecovirimat ou Arestyvir et CMX001 ou Brincidofovir) qualifiés ici comme des antiviraux prometteurs contre le virus seraient également en fin de développement. Tous ces travaux ont été supervisés par le Comité consultatif OMS de la Recherche sur le Virus (ACVVR). Enfin, des inconnues subsistent sur la maladie elle-même, les facteurs viraux et de l'hôte responsables de son « tropisme humain », en particulier.

« En dépit des progrès considérables obtenus, nous soutenons que le programme de recherche sur le virus variolique vivant n'est pas encore achevé et que d'importantes lacunes subsistent », écrivent les auteurs.

Le virus de la variole, un repère scientifique pour le diagnostic : Alors que les technologies moléculaires progressent, avec les nouvelles techniques diagnostiques, le virus de la variole, peut, selon les auteurs, représenter un historique précieux de connaissances, utile pour évaluer les nouvelles plates-formes de diagnostic. Ainsi, poursuivre les recherches sur le virus de la variole pourrait mener à d'autres progrès, sur d'autres virus, dont plus directement les orthopoxvirus, qui sont aussi des agents pathogènes zoonotiques.

En mai 2014, l'Assemblée mondiale de la Santé devra ainsi se prononcer pour la destruction les stocks restants de virus ou pour la poursuite des recherches dans les deux sites certifiés par l'OMS. Mais une 3ème voie émerge : Sur la base des connaissances actuelles de la génétique du virus, et avec les capacités actuelles de la biologie synthétique, il serait possible aussi, et quelle que soit la décision de l'Assemblée, de fabriquer assez facilement un virus synthétique de la variole.

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