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ANTIDÉPRESSEURS: Zoloft® et ISRS, des effets néfastes pour les non déprimés?

Actualité publiée il y a 4 années 1 semaine 6 jours
Neuropharmacology

La sertraline (Zoloft®) est un antidépresseur couramment prescrit dans le traitement de la dépression mais aussi de toute une variété d’autres troubles. Or la sertraline est liée, avec cette étude du Wake Forest Baptist Medical Center, à des différences neurales structurelles, différentes chez des personnes déprimées et non déprimées. Des conclusions importantes, présentées dans la revue Neuropharmacology, qui appellent, en cas de prescription pour un certain nombre de troubles, autres que la dépression, à mieux étudier ces effets sur la structure même du cerveau.

Zoloft® (sertraline), un antidépresseur de la famille des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS), est indiqué dans le traitement des états dépressifs, en particulier en prévention des récidives, dans le traitement des troubles obsessionnels compulsifs chez l'adulte et les enfants de plus de 6 ans, des attaques de panique et de certaines formes d'anxiété.


L'étude, menée chez des primates, de bons modèles pour l'étude du cerveau humain, constate que la sertraline entraîne l'augmentation « considérable » du volume d'une zone du cerveau chez les sujets dépressifs mais a l'action inverse soit une réduction de 2 zones du cerveau chez des sujets non déprimés: le Pr Carol A. Shively, professeur de médecine de la pathologie comparée au Wake Forest, auteur principal de l'étude a observé avec son équipe, les comportements dépressifs chez 41 singes femelles d'âge moyen, nourris durant 18 mois, avec un régime alimentaire formulé pour répliquer le régime occidental américain. L'équipe avait choisi des femelles à dessein car l'incidence de la dépression, chez les humains, est presque 2 fois plus élevée chez les femmes, tout comme l'utilisation d'antidépresseurs, également plus fréquente chez les femmes âgées de 40 à 59 ans.

Après la phase d'observation de 18 mois, les singes ont été divisés en 2 groupes appariés pour le poids et l'IMC, et le comportement dépressif.

- 21 singes ont reçu, durant les 18 mois suivant (l'équivalent d'un traitement de 5 ans chez l'Homme) des doses quotidiennes de sertraline comparables à celles prises par les humains,

- 20 singes ont reçu un placebo.

L'analyse via IRM à la fin du traitement montre que :

· chez les sujets dépressifs, le médicament augmente de manière significative le volume du cortex cingulaire antérieur,

· chez les sujets non déprimés, le médicament diminue le volume de cette même zone et de l'hippocampe, ces 2 zones étant fortement interconnectées avec d'autres zones du cerveau et impliquées dans un large éventail de fonctions, dont la mémoire, l'apprentissage, la mémoire spatiale, la volonté, la motivation et l'émotion. Ces 2 zones sont également impliquées dans la dépression majeure.

De l'efficacité de Zoloft® chez les patients déprimés : Ces différences de volume dans les structures neurales ont déjà été documentées chez l'Homme, selon les auteurs, les observations les plus fréquemment rapportées étant de plus petits volumes du cortex cingulaire et de l'hippocampe chez les personnes déprimées. Justement, l'efficacité de Zoloft® repose sur sa capacité à promouvoir la croissance des neurones et leur connectivité dans ces zones du cerveau.

Mais quid des autres troubles, (en dehors de la dépression) pour lesquels Zoloft® est également prescrit ? Les auteurs citent notamment « la boulimie, les bouffées de chaleur, les TOC, le SSPT, la récupération post-AVC et même la dysfonction sexuelle ». Pour tous ces troubles, il n'y a pas d'études sur les effets de ces médicaments sur les volumes du cerveau… Des données qui appellent à plus de recherches chez les patients humains, déprimés et non déprimés.

Source: Neuropharmacology December 2015 doi:10.1016/j.neuropharm.2015.06.011 Long term sertraline effects on neural structures in depressed and nondepressed adult female nonhuman primates

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