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CANCER de la PROSTATE: Sans test PSA, 3 fois plus de cancers avancés

Actualité publiée il y a 7 années 2 mois 3 semaines
Cancer

Cette étude de l'Université de Rochester vient défendre, après son abandon « en routine », l’importance du test PSA (antigène prostatique spécifique) dans la détection du cancer de la prostate. Ainsi, selon cette nouvelle analyse, sa suppression pourrait multiplier par 3 l’incidence de ce cancer, à stade avancé et avant diagnostic. Ces conclusions, publiées dans l’édition en ligne du 30 juillet de Cancer, une revue de l'American Cancer Society, suggère que le dosage du PSA pour une détection précoce permet d’éviter environ 17.000 cancers de la prostate avancés aux US au moment du diagnostic.

La polémique concernant le test PSA dure depuis plus d'une décennie. Son point d'orgue, une recommandation du Comité d'experts américains, l'U.S. Preventive Services Task Force (USPSTF), en octobre 2011, qui préconisait de ne plus recommander le test aux hommes en bonne santé, le test ne présentant pas d'avantage significatif en routine. Les services de santé américains ont alors pris la décision de ne plus pratiquer ce dépistage systématique. En France, en avril dernier, après réévaluation des données disponibles, la Haute autorité de santé s'est rangée à cette position et a précisé les conditions, spécifiques, de pertinence d'un dépistage par PSA, après identification des facteurs de risque, concluant que seuls les hommes à risque élevé devraient subir ce dépistage par PSA.


Mais ces scientifiques de l'Université de Rochester, menés par le Dr Edward Messing, sont allés examiner les données des années précédant immédiatement la mise en place des tests de routine PSA (1983-1985) et les ont comparées aux données liées au dépistage par PSA à grande échelle (2006-2008) partir du plus grand registre des cancers américain, le Surveillance, Epidemiology, and End Results (SEER). Les chercheurs se sont particulièrement intéressés aux dossiers des patients ayant développé un cancer de la prostate avancé, c'est-à-dire qui s'était déjà propagé à d'autres parties du corps au moment du diagnostic. Les chercheurs montrent qu'environ 8.000 cas de cancer de la prostate avancés s'étaient déjà propagés au moment du diagnostic aux Etats-Unis en 2008. Par modèle mathématique, basé sur les taux d'incidence, ils montrent que sans dépistage systématique, ce nombre atteindrait 25.000 nouveaux cas chaque année, soit 3 fois plus que le nombre effectivement observé.

Des résultats excessivement importants à la lumière de la récente controverse sur le dosage du PSA, remarque l'auteur principal, le Dr Messing. Car ces données indiquent clairement que ne pas faire le test PSA va se traduire par beaucoup plus d'hommes atteints de cancer de la prostate avancé, à pronostic très faible à ce stade.

Source: Cancer 2012; DOI: 10.1002/cncr.27503 Prostate-specific antigen screening for prostate cancer and the risk of overt metastatic disease at presentation. Analysis of trends over time.

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